Le principe de ces aides sectorielles avait été annoncé fin mars, un mois après le déclenchement de la guerre en Iran.
Quels sont les secteurs concernés?
Les pêcheurs vont voir l’aide qui leur est accordée relevée de 25 à 35 centimes par litre. Elle avait été baissée au cours de l’été en raison du reflux des cours du pétrole sur les marchés mondiaux mais le regain de tension des dernières semaines a fait repartir les prix à la hausse.
Ce montant de 35 centimes par litre est le « niveau maximal autorisé par la Commission européenne pour permettre aux navires de continuer à sortir en mer », selon Matignon.
Le soutien aux entreprises éligibles du BTP sera « prolongé à hauteur de 20 centimes » par litre de gazole non routier.
Pour les agriculteurs, l’aide est de 15 centimes par litre. Elle viendra « en complément des autres aides du plan d’urgence agricole », précise Matignon.
Le coût du dispositif pour les agriculteurs, les pêcheurs et le secteur du BTP s’élève à 70 millions d’euros par mois, a indiqué la ministre déléguée à l’Energie, Maud Bregeon, début septembre, avant l’annonce de la revalorisation aux pêcheurs.
Les aides « grands rouleurs »
Le gouvernement n’a en revanche pas annoncé à ce jour de nouvelle prolongation de l’aide dite « grands rouleurs », à destination des ménages modestes qui ont une activité professionnelle nécessitant l’usage d’un véhicule. Cette dernière est ouverte jusqu’en octobre mais la moitié des environ 3 millions de travailleurs éligibles ne se sont pas encore manifestés pour en faire la demande.
Annoncée le 22 avril par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, l’indemnité, prévue au départ de 50 euros, avait été portée à 100 euros.
Cette aide est destinée aux actifs dont le revenu fiscal de référence par part est inférieur ou égal à 16.880 euros et qui effectuent chaque jour au moins 15 kilomètres pour aller travailler (30 kilomètres aller-retour) ou plus de 8.000 kilomètres par an dans le cadre de leur activité professionnelle (en incluant les trajets domicile-travail).
L’aide peut-elle être augmentée ? « Je ne ferme aucune porte », a dit Maud Bregeon, qui a de nouveau lancé un appel aux « 1,5 million » qui n’ont pas fait la demande.
A ce jour, 1.516.101 demandes ont été enregistrées, dont 1.153.024 ont été payées, selon Bercy. Au cours de l’été, il a reçu 122.000 demandes en un mois mais elles s’accélèrent: 99.000 ont été effectuées en 15 jours depuis début septembre.
S’agissant des transporteurs, dont l’aide a été arrêtée fin août, le ministère de l’Energie explique que le secteur a « pu répercuter la hausse sur ses contrats ». Il souligne que « cette échéance est sans incidence sur le versement des aides correspondant aux périodes déjà couvertes par le dispositif », en précisant que la troisième vague de versement devait intervenir « dans les conditions prévues ».
Les mesures exclues par le gouvernement
Le gouvernement reste en revanche « défavorable » à des « mesures plus générales » d’aides pour faire face à la hausse des prix des carburants, en raison notamment de la « situation des finances publiques », a déclaré Bercy mercredi, à l’issue d’une réunion avec les distributeurs de carburant.
« S’agissant d’un plafonnement des prix, libre à chacun de le faire s’il le souhaite opportun », a indiqué Bercy, qui y reste « défavorable » car « plafonner, c’est organiser la pénurie ».
Le prix moyen du gazole en France a dépassé 2,37 euros, proche de son record d’un peu plus de 2,38 euros, selon une analyse AFP à partir des données gouvernementales. L’essence évolue depuis plusieurs jours au-dessus de son pic de 2022. Le SP95-E10 est à un peu plus de 2,16 euros ce jeudi matin.




