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18 mois de prison avec sursis requis contre deux représentants CGT du port de Marseille

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Marseille (France), 28 avr 2026 (AFP) – Le parquet a requis mardi 18 mois de prison avec sursis contre deux représentants CGT du Grand port maritime de Marseille (GPMM), jugés pour « abus de confiance », soupçonnés d’avoir détourné des fonds de l’établissement public au profit de leur syndicat entre 2014 et 2018.

Le procureur a également requis 5.000 euros et 3.000 euros d’amende à l’encontre des représentants du personnel, et cinq ans d’inéligibilité, ainsi que la diffusion sur le site du GPMM de la condamnation pendant un mois.

Il a dénoncé « l’appropriation » par un « petit nombre » de la manne des budgets des comités d’entreprise, « qui est censée profiter à l’intégralité des salariés ».

La justice reproche à Pascal Galéoté, secrétaire du Comité social et économique (CSE) depuis 2015, et Bernard Cristalli, trésorier du CSE de 2014 à 2022, d’avoir indûment utilisé 264.833 euros de cette instance dont les fonds sont destinés à financer des prestations à caractère culturel et social de l’ensemble des salariés.

La justice avait été alertée par un rapport de la Cour des comptes en 2020 qui a ensuite émis un signalement.

Seuls le syndicat minoritaire Force ouvrière et sept anciens agents du GPMM se sont portés partie civile dans cette affaire qui agite l’un des plus gros ports de France et la CGT, syndicat majoritaire.

Un conseil de ces parties civiles, Me Henri Labi, a fustigé « des infractions en cercle fermé », et pointé l’absence de constitution de partie civile de l’employeur de M. Galéoté et Cristalli, la direction du port, évoquant même un « syndrome de la femme battue ».

Des dizaines de militants CGT ont manifesté devant le tribunal, dénonçant une « criminalisation syndicale ».

Des « frais de restauration, d’alimentation, de transport, de bureautique et divers achats » auraient été détournés au profit « d’une réalité personnelle et syndicale », selon la présidente du tribunal.

Dans le détail: douze ordinateurs, quatorze téléphones portables, des tablettes, enceintes et écouteurs sans fil mais aussi plus de 98.000 euros de frais dans des restaurants parfois hors de Marseille — « des journées de cohésion pour les élus du CSE », selon M. Cristalli –, ou ces 75 euros dans un bar à cocktails parisien tard la nuit.

M. Galéoté, 52 ans, a justifié des « réunions à rallonge dans le cadre des commissions nombreuses » que compte le GPMM et du matériel informatique nécessaire « pour les prises de notes ».

L’existence même de ces réunions de commissions est contestée par des élus d’autres syndicats, et « rien ne justifie », selon le procureur, les frais de bouche engagés.

S’y ajoutent des frais de déplacement à hauteur de 50.000 euros, dont des dizaines de billets de train en 2016 pour que des adhérents du syndicat puissent manifester à Paris contre la Loi travail. Une facture payée par le CSE, même si le secrétaire affirme, « en transparence, que la CGT l’a remboursée ».

Un stylo Montblanc à 475 euros ? « Un cadeau fait à un expert qui partait à la retraite » mais dont M. Galéoté a oublié l’identité. « C’était une erreur de jeunesse ».

Le jugement devrait être mis en délibéré.