Accueil ACTUALITÉS Argentine: fin du mouvement de protestation contre la dérégulation du pilotage portuaire

Argentine: fin du mouvement de protestation contre la dérégulation du pilotage portuaire

0
26
Rosario (Argentine), 4 août 2026 (AFP) – Le mouvement de protestation des pilotes portuaires en Argentine contre la déréglementation de leur activité voulue par le gouvernement de l’ultralibéral Javier Milei a pris fin mardi, alors que près de 150 cargos étaient immobilisés depuis le week-end sur deux fleuves essentiels aux exportations agricoles du pays.

Le conflit portait sur un décret, entré en vigueur en août, qui dérégule le pilotage et la conduite en ports. Ce texte ouvre notamment l’activité à la concurrence et assouplit l’exigence de recours à ces services, autorisant dans certains cas des navires étrangers à opérer sans assistance.

Une issue a toutefois été trouvée en fin de journée, le gouvernement Milei ayant accepté de « suspendre l’application du décret de déréglementation du service de pilotage », selon un communiqué de la présidence.

« Le gouvernement national est parvenu à un accord avec les représentants du secteur du pilotage, qui prévoit une réduction de 20% des tarifs et le rétablissement des tâches d’assistance à la navigation des navires », a-t-elle détaillé.

Les 150 navires étaient immobilisés en attente de chargement ou déchargement, sur le Rio de la Plata ou le Parana, voies de navigation clés abritant les principaux ports du pays, d’où sont exportés près de 80% de la production agricole argentine.

« Ce n’est pas une grève des ports, car les pilotes n’ont pas de syndicat, mais une association à libre adhésion qui a décidé de cesser de fournir le service », avait expliqué plus tôt à l’AFP Fernando Ramirez, dirigeant du Syndicat des conducteurs navals (Siconara).

Pour le gouvernement, le décret visait à augmenter la compétitivité du pays en réduisant les coûts logistiques du commerce extérieur, à l’instar de ports étrangers.

Il avait averti les 500 pilotes agréés qu’ils mettaient en danger la sécurité de la navigation, les menaçant de sanctions pénales.

Selon les pilotes, qui assistent les capitaines pour guider les navires dans les ports, la « sécurité de la navigation » était en jeu.

La Chambre des ports privés commerciaux (CPPC) avait exprimé « sa plus profonde préoccupation » pour la « sévère paralysie » affectant l’activité fluviale et l’import-export.