L’avocate générale avait requis 20 ans de réclusion, soit la peine maximale, à l’encontre de Fabien Amphoux, consultant dans un grand cabinet international de conseil, qui a reconnu les faits et qui se voit aussi interdit de séjour dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur pour 10 ans.
Il avait été interpellé en juillet 2023 à la suite de la plainte de Flavie (prénom modifié), une ancienne petite amie qui avait découvert des vidéos sur son ordinateur. Les vidéos montrent les viols de Flavie et de deux autres jeunes femmes alors qu’elles sont totalement inertes.
Flavie les a découvertes en juin 2021 mais n’a réussi à quitter définitivement Fabien A. qu’en décembre et à porter plainte un an plus tard, après avoir réalisé la gravité des faits lors d’un cours sur le viol dans le cadre de ses études de médecine.
Au fil des auditions, les enquêteurs ont identifié six victimes, dont cinq se sont portées partie civile et sont venues s’asseoir côte à côte au premier rang de la salle d’audience mercredi.
« Je n’aurais jamais assez d’une vie entière pour leur demander pardon », a déclaré l’accusé au début du procès.
La plupart des victimes ont raconté un homme possessif, très insistant sexuellement, qui aimait les étrangler pendant les rapports, même lorsqu’elles lui demandaient d’arrêter. L’étranglement allait souvent jusqu’à l’évanouissement, et plusieurs ont découvert Fabien Amphoux en train de les pénétrer lorsqu’elles sont revenues à elles.
À l’exception de l’une d’entre elles, qui n’a eu qu’une aventure de passage avec l’accusé, elles sont toutes restées avec lui plusieurs mois malgré les violences, expliquant aux enquêteurs qu’elles étaient trop fragiles, ou trop amoureuses, ou trop inexpérimentées pour faire la part des choses.
Certaines ont aussi subi la pression d’un parent qui voyait en Fabien Amphoux le « gendre idéal », comme ont témoigné plusieurs proches pendant l’enquête.
Sur son ordinateur, les enquêteurs ont retrouvé 26 vidéos et des centaines de photos présentant des femmes inertes objets d’actes sexuels trouvées sur Internet, un « fantasme malsain », selon ce jeune homme réserviste de la marine nationale, passé par une école de commerce prestigieuse.
« Il y a un Fabien qui a fait de son mieux, et un Fabien beaucoup plus sombre dans l’intime », a-t-il reconnu.