« On y est partout, sur tous les littoraux français », a déclaré Thibault Guinaldo, chercheur au Centre National de Recherches Météorologiques (Météo-France/CNRS), qui s’appuie sur les données OSTIA produites par l’agence météorologique britannique Met Office.
« Sur la Méditerranée, on est vraiment sur des niveaux incroyables », a souligné le chercheur.
La température du nord-ouest de la Méditerranée (délimitée par les Baléares au Sud et la Sardaigne à l’Est) s’établit ainsi actuellement à 26,9°C, là où l’eau de surface devrait normalement être à 22,4°C en cette période de l’année, soit 4,5°C de moins.
« Localement, on dépasse les 7 degrés d’anomalie en Méditerranée », a souligné M. Guinaldo, avec des points chauds au large de Marseille, de Toulon, Nice et dans le golfe de Gênes (Italie).
Sur la façade Atlantique, le Golfe de Gascogne a atteint mercredi un pic de chaleur de 22,5°C, contre 18°C en moyenne en juin, sur ce vaste espace maritime situé entre la Bretagne et la côte cantabrique espagnole.
« Au large des côtes de la Gironde, de la Charente maritime, cela donne des anomalies de plus de 6°C. Au large des Landes et sur les côtes de la Charente, on est à 24,5°C. Ce sont des températures que, normalement, on n’atteint même pas à la fin du mois d’août », a-t-il pointé.
Sur la Manche enfin, la température des eaux de surface était de 17,4°C jeudi, contre 14,6°C en moyenne à cette période de l’année, avec des anomalies de températures pouvant atteindre 3,5°C localement.
Les océans jouent un rôle de régulateur du climat en absorbant 90% de la chaleur excédentaire générée par les activités humaines.
Ce genre de canicule marine généralisée s’était déjà produite en 2022 et « ce sont des situations qui sont amenées à se reproduire », a souligné M. Guinaldo.
Les canicules marines mettent à rude épreuve les espèces marines les moins mobiles. Lors des canicules marines survenues entre 2015 et 2019 en Méditerranée, une cinquantaine d’espèces (coraux, gorgones, oursins, mollusques, bivalves, posidonies, etc.) avaient connu des mortalités massives, selon une étude scientifique.




