Des salariés grévistes bloquaient depuis le 29 septembre au port de Marseille tous les navires de Corsica Linea et un bateau de la compagnie Méridionale. Mais le délégué CGT des marins de la compagnie, Frédéric Alpozzo, avait annoncé samedi la levée de la grève.
Le syndicat CGT des marins reprochait à la direction de la Corsica Linea le « choix ubuesque » d’affrètement du bateau Massalia – propriété de la Méridionale (groupe CMA CGM) – à la place d’un navire de la Corsica Linea, sur des lignes reliant deux ports corses (Propriano et Île Rousse) à Marseille, causant, selon le syndicat, la suppression de deux équipages, soit 90 emplois.
La direction avait, elle, assuré que son « projet de réorganisation de sa flotte », n’impliquait « aucune suppression de CDI et garantissait de 60 à 500 CDD durant l’année. »
Le consortium corse CM Holding, propriétaire de la Corsica Linea, avait également fait part, vendredi dans un communiqué, de son exaspération devant « un blocage de trop », dénonçant des « contre-vérités » et annonçant « suspendre l’ensemble de l’activité de l’entreprise, quelle que soit l’issue des préavis de grève actuels », jusqu’à lundi, le temps d' »évaluer la forme que prendra leur éventuel engagement futur dans la Corsica Linea. »
Après une réunion avec les organisations syndicales, le consortium s’est félicité lundi que « de nouvelles bases pour le dialogue social dans l’entreprise, fondées sur la responsabilité, le respect mutuel et la continuité du service rendu à la Corse » aient été posées.
En annonçant la reprise mardi matin de l’activité de la compagnie, CM Holding affirme qu’il « ne saurait tolérer de nouveaux blocages injustifiés occasionnant une paralysie de la Corse » en rappelant que « la continuité territoriale constitue une mission de service public essentielle à la vie économique et sociale de la Corse et son interruption porte une atteinte grave aux intérêts des usagers, des entreprises et de l’ensemble de la collectivité ».
La CGT des marins a elle indiqué que la direction voulait revoir deux accords d’entreprise: « ils touchent les accords qui régissent au droit syndical dans l’entreprise, en fait ils s’attaquent aux syndicats », résume M. Alpozzo.
La CGT a appelé la direction « à reprendre un véritable dialogue social dans le cadre de nos instances avec le comité social et économique (CSE) et au-delà avec notre syndicat majoritaire au sein de Corsica Linea. »
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