L’homme d’affaires britannique Clive Richards, grand admirateur de Nelson, a passé plusieurs décennies à réunir quelque 400 missives écrites par le vice-amiral et d’autres documents historiques, dont des plans signés de la bataille de Trafalgar, aujourd’hui mis en vente chez Sotheby’s.
La maison d’enchères estime l’ensemble entre 4 et 6 millions de livres (entre 4,7 et 7,1 millions d’euros).
« C’est une collection absolument stupéfiante et je pense que ce qui la distingue vraiment, c’est qu’elle embrasse tous les aspects de la vie et de la carrière de Nelson », qui remporta plusieurs victoires contre la France révolutionnaire puis Napoléon avant d’être tué lors de la bataille de Trafalgar en 1805, souligne à l’AFP Gabriel Heaton, spécialiste des livres et manuscrits chez Sotheby’s.
Parmi ces lettres figurent notamment celles écrites à sa maîtresse Emma Hamilton, figure de la haute société britannique.
Au mépris des conventions de l’époque, les deux amants ont vécu ouvertement leur liaison alors qu’ils étaient tous deux mariés.
Dans l’une de ces lettres, écrite en mer en 1800, Nelson confie : « la nuit dernière, je n’ai fait que rêver de vous ». Et il décrit comment elle l’enlaçait et lui murmurait « je n’aime que vous, mon Nelson », tandis que lui l’embrassait « avec ferveur » avant qu’ils atteignent « les sommets de l’amour ».
Seules deux lettres d’Emma Hamilton à Nelson ont été retrouvées, acquises par Clive Richards.
Dans l’une d’elles, rédigée en octobre 1805, la jeune femme écrit: « Comme je vous idolâtre, très cher époux de mon coeur, vous êtes tout au monde pour votre Emma ».
Mais Nelson ne la lut jamais, tué le 21 octobre 1805 alors qu’il se trouvait sur le pont de son navire, le HMS Victory.
Emma Hamilton, qui avait eu une fille avec Nelson, finira sa vie criblée de dettes, fuyant en France où elle meurt en 1815.
La collection montre également comment Nelson a lutté à partir de 1797 pour écrire de la main gauche, après avoir été amputé d’une partie du bras droit, blessé par un tir de mousquet.
« On voit qu’il peine. Il parvient effectivement à tracer les lettres assez clairement, mais c’est difficile, cela lui demande énormément d’efforts », note Gabriel Heaton.
La collection est exposée chez Sotheby’s à Londres jusqu’à la fin de la vente le 18 novembre.
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