Appelée « onde de Kelvin », ce phénomène est dopé par El Niño, événement climatique qui revient tous les deux à sept ans, et apporte sécheresses, inondations et températures record dans le monde entier.
Cette vague, ni surfable ni visible à l’oeil nu, est une masse d’eau chaude, qui agit telle des pulsations sous la surface de l’océan, et déferle sur plusieurs milliers de kilomètres le long des côtes. Elle devrait aller jusqu’en Alaska.
Selon Dillon Amaya, océanographe à l’université de Caroline du Nord, combinée à d’autres phénomènes tels que « les tempêtes, les fortes houles ou les marées », cette onde de Kelvin peut augmenter le « risque d’inondations et d’érosion des plages ».
Chaque augmentation de 5 à 10 centimètres du niveau de l’eau « double pratiquement le risque d’inondations », explique le chercheur.
Ces dernières semaines, certaines zones du sud de la Californie ont déjà été frappées par de fortes tempêtes.
« L’onde de Kelvin est à la fois une cause et un symptôme d’El Niño », précise Dillon Amaya.
Elle naît dans les eaux côtières indonésiennes, quand les alizés faiblissent et « retiennent une quantité considérable d’eau très chaude dans le Pacifique équatorial occidental car ils exercent une pression sur les eaux de surface », ajoute-t-il.
Et si les vents faiblissent trop longtemps, cette masse d’eau chaude peut se déplacer de l’Indonésie jusqu’à l’Amérique du Sud, puis remonter le long de la côte ouest américaine.
Lorsque l’onde de Kelvin équatoriale atteint l’Amérique du Sud, elle se transforme en onde côtière, qui se propage à la fois vers le nord et le sud le long des continents.
A mesure que l’onde progresse dans le Pacifique le long des côtes, elle empêche l’eau froide qui remonte habituellement des profondeurs de remonter à la surface, faisant ainsi augmenter la température.
C’est précisément ce réchauffement des océans qui est appelé El Niño.
« Ces ondes de Kelvin constituent donc, à bien des égards, le moteur d’El Niño. Elles contribuent à son développement et à sa maturation au fil des mois », explique Dillon Amaya.
La vague qui se dirige vers la Californie se trouve au nord de Cabo, au Mexique, dans le golfe de Californie, et se déplace à environ 10 km/h. Elle devrait atteindre San Diego la semaine prochaine, précise l’océanographe.




