Cinq décisions-clés du sommet pour les espèces menacées

Panama, 25 nov 2022 (AFP) – La 19e conférence de la Convention sur le commerce international d’espèces de flore et de faune sauvages menacées (CITES) s’est achevée vendredi à Panama avec l’adoption d’une cinquantaine de résolutions. En voici les principales:

– Requins –

Les 183 Etats parties à la Convention et l’Union européenne ont décidé par consensus de réguler de manière stricte la pêche de 54 espèces de requins requiem (Carcharhinidae) et requins-marteaux (Sphynidae), victimes d’un trafic international d’ailerons destinés à confectionner une soupe prisée en Asie.

Seul le Japon a émis des réserves concernant la protection accordée au requin bleu, estimant que celui-ci n’est pas menacé et que la restriction des prises aura des conséquences « économiques et sociales préjudiciables » pour ses pêcheurs.

– Grenouilles de cristal –

Plus de 160 espèces de « grenouilles de cristal » (Centrolenidae), dont la peau transparente permet de voir les organes internes, ont été inscrites par consensus à l’Annexe II de la CITES, qui impose la régulation de leur commerce.

Ces batraciens nocturnes des forêts humides d’Amérique centrale et du Sud sont mis en danger en raison de leur « forte demande sur le marché des animaux de compagnie », selon Joaquin de la Torre, directeur pour l’Amérique latine de l’ONG IFAW.

L’Union européenne et le Canada ont dans un premier temps demandé l’exclusion de cette protection de certaines espèces, mais ont ensuite fait marche arrière en constatant que leur position était largement minoritaire.

– Tortues –

Différents niveaux de protection ont été adoptés pour une vingtaine d’espèces de tortues sur les continents américain et asiatique.

Parmi elles figurent une douzaine d’espèces de tortues d’eau douce, dont la sud-américaine matamata. Cette tortue à la spectaculaire carapace épineuse, qui attise la convoitise des collectionneurs, est désormais inscrite à l’Annexe II.

La CITES a également inscrit à son Annexe II la tortue caïman d’Amérique du Nord (Macrochelus temminckii), mais a renoncé à y inscrire la tortue serpentine (Chelydra serpentina).

– Crocodiles –

Le Brésil et les Philippines pourront dorénavant exporter leurs crocodiles d’élevage, qui passent de l’Annexe I (interdiction totale de commerce) à l’Annexe II.

De même, l’exportation a été autorisée pour la peau et la chair du caïman à museau large (Caiman latirostris) du bassin amazonien, des marais du Brésil et des rivières et zones humides des pays voisins.

« Les populations de ces animaux sont très importantes car ils se sont très bien reproduits », selon la chercheuse Miryam Venegas-Anaya, spécialiste des crocodiles de l’Université de Panama.

Le commerce a également été assoupli pour le crocodile marin Crocodylus porosus des Philippines.

En revanche, le crocodile du Siam (Crocodylus siamensis) continuera de bénéficier de la protection de l’Annexe I en dépit de la demande de la Thaïlande.

– Ivoire d’éléphant et rhinocéros –

La CITES a rejeté la demande de plusieurs pays africains d’autoriser la reprise, même contrôlée, du commerce d’ivoire d’éléphant. « Tout commerce légal d’ivoire offre l’occasion aux délinquants de blanchir le marché d’ivoire d’éléphants braconnés », selon Matthew Collis, vice-président adjoint de l’IFAW.

De même, la conférence a refusé par 85 voix contre 15, et 26 abstentions, de permettre le commerce régulé de cornes de rhinocéros blanc (Ceratotherium simum simum), comme le demandaient le Botswana, la Namibie et l’Eswatini (ex-Swaziland), qui arguaient que la vente légale leur permettrait de financer la lutte contre le braconnage de ces pachydermes.

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