Dans la lettre datée du 1er octobre publiée sur sa page Facebook et que l’élu affirme avoir adressée au chef du gouvernement vanuatais, avec copie aux présidents français Emmanuel Macron et chinois Xi Jinping, Nicolas Metzdorf répond aux revendications de Port-Vila sur ces deux îlots inhabités du Pacifique.
La référence au président chinois intervient sur fond de rapprochement entre le Vanuatu et Pékin, devenu un partenaire économique et diplomatique majeur de l’archipel.
Le député de Nouvelle-Calédonie, membre du groupe Ensemble pour la République, adresse son courrier à « Monsieur Jotham Napat, Premier ministre, Condominium des Nouvelles-Hébrides », ancienne appellation du Vanuatu avant son indépendance en 1980.
Sur un ton ironique, il dit avoir « pris bonne note » de la démarche vanuataise et propose en retour le transfert sous administration française de plusieurs îles du Vanuatu, sous la forme d’un « bail territorial pour une durée indéterminée ».
Il promet notamment d’y implanter « l’école gratuite », un « accès aux soins décent » et de proposer aux habitants la nationalité française et un passeport européen.
Le courrier intervient après une nouvelle intervention du Vanuatu à l’ONU. Le 28 septembre, son représentant permanent Odo Tevi avait réaffirmé que Matthew et Hunter, appelées Umaenupne et Umaeneg/Leka au Vanuatu, faisaient partie du territoire vanuatais et invité la France à accepter la compétence de la Cour internationale de justice (CIJ) pour trancher le différend.
Le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) a vivement réagi vendredi dans un communiqué signé de son président Christian Tein, dénonçant le « ton condescendant, empreint de paternalisme néocolonial et d’ironie méprisante » du député.
Le mouvement indépendantiste qualifie l’utilisation de l’appellation « condominium des Nouvelles-Hébrides » d' »offense diplomatique » et demande au chef du groupe parlementaire de Nicolas Metzdorf ainsi qu’au président de la République de le « sanctionner » et de présenter des excuses au Premier ministre et au peuple vanuatais.
Soutenu par le FLNKS, le Vanuatu a saisi la CIJ pour contester la souveraineté française sur les îles Matthew et Hunter, revendiquées depuis 1980.
Paris, qui en tire 350.000 km³ de zone économique exclusive, a réaffirmé début septembre sa souveraineté sur les deux îlots.




