Esclavage : Londres juge des réparations financières « infaisables »

Londres, 4 nov 2026 (AFP) – Le ministre britannique des Affaires étrangères Ed Miliband a jugé mercredi « infaisable » le versement de réparations financières par le Royaume-Uni pour son rôle dans l’esclavage, comme le demandent certaines ex-colonies britanniques.

Ces derniers jours, le chef du gouvernement travailliste Andy Burnham a ouvert la voie à des excuses officielles du Royaume-Uni pour son rôle dans la traite transatlantique mais a, comme ses prédécesseurs, rejeté toute possibilité de réparations financières.

Il a annoncé l’ouverture d’un « dialogue » avec les pays du Commonwealth, à l’occasion du sommet des dirigeants des pays de cette organisation qui s’est tenu ces derniers jours à Antigua-et-Barbuda.

Ed Miliband, également présent au sommet, a suggéré que ce dialogue pourrait aboutir à la formulation d’excuses lors du sommet du G20 qui se tiendra fin novembre 2027 à Manchester, sous présidence britannique.

« J’ai dit +nous sommes prêts à dire que nous sommes ouverts à des excuses, mais nous ne changerons pas notre position sur la question des réparations+ », a souligné le chef de la diplomatie britannique.

« Ce n’est pas la bonne réponse. Ce n’est pas réalisable, c’est infaisable de notre point de vue », a-t-il ajouté.

La perspective d’excuses britanniques a été critiquée par la cheffe de l’opposition conservatrice, Kemi Badenoch, qui a estimé sur Sky News dimanche que « cela ne ferait qu’ouvrir la porte à des demandes d’argent ».

Le président du Ghana, John Dramani Mahama, a lui salué l’approche d’Andy Burnham, affirmant mardi qu’elle était « une première étape pour continuer à travailler afin de voir comment nous pouvons laisser derrière nous cette question de la traite transatlantique des esclaves et du colonialisme ».

Mardi, en ouvrant le sommet, le roi Charles III, chef du Commonwealth, a exprimé son « horreur » face à l’esclavage, qu’il a qualifié d' »injustice monstrueuse ».

Mais il a également estimé que la Royal Navy avait joué un rôle « important » pour mettre fin à la traite transatlantique, en interceptant les bateaux négriers.

Si l’esclavage a été aboli en 1833 par le Parlement britannique dans la majeure partie de l’Empire, le commerce et le transport d’esclaves avaient eux été interdits en 1807.

Le roi achève mercredi une tournée de neuf jours dans les Caraïbes et au Guyana.

Les Infos Mer de M&O

Plus de lecture

M&O 292 - octobre 2026

À tous ceux qui nous découvrent aujourd'hui et souhaitent mieux comprendre les grands enjeux maritimes :

ABONNEZ-VOUS !

Rejoignez la communauté Marine & Océans et accompagnez-nous tout au long de l'année.

ACTUALITÉS

Le Bénin et la mer

Découvrez GRATUITEMENT le numéro spécial consacré par Marine & Océans au Bénin et la mer. 

N° 282 en lecture gratuite

Marine & Océans vous offre exceptionnellement le numéro 282 consacré à la mission Jeanne d’Arc 2024 :
  • Une immersion dans la phase opérationnelle de la formation des officiers-élèves de l’École navale,
  • La découverte des principales escales du PHA Tonnerre et de la frégate Guépratte aux Amériques… et de leurs enjeux.
Accédez gratuitement à la version augmentée du numéro 282 réalisé en partenariat avec le Centre d’études stratégiques de la Marine et l‘École navale

OCÉAN D'HISTOIRES

« Océan d’histoires », la nouvelle web série coanimée avec Bertrand de Lesquen, directeur du magazine Marine & Océans, à voir sur parismatch.com et sur le site de Marine & Océans en partenariat avec GTT, donne la parole à des témoins, experts ou personnalités qui confient leurs regards, leurs observations, leurs anecdotes sur ce « monde du silence » qui n’en est pas un.