Palettes, véhicules et arbres coupés entravent les axes routiers avant d’être généralement dégagés en journée. Les barrages se tiennent dans plusieurs communes, y compris sur les routes du parc national, dans le sud de l’archipel.
La contestation est menée par le collectif « Nou las Palé » (« Fatigué de parler » en créole), alliance qui rassemble un grand patron du BTP, des représentants syndicaux du monde de la pêche, des très petites entreprises (TPE) et divers militants locaux.
Vendredi, « six policiers ont été légèrement blessés » dans la zone de Basse-Terre (sud-ouest), où le barrage a été débloqué au petit matin, a indiqué à l’AFP Philippe Miziniak, directeur territorial de la police nationale.
Les gendarmes étaient toujours occupés sur la zone de la Boucan, en Nord Basse-Terre, connue pour ses blocages massifs lors de précédents mouvements sociaux. « Des jeunes gens leur ont lancé des jets d’acide et les gendarmes ont répliqué avec des gaz lacrymogènes », a précisé la gendarmerie.
« C’est un mouvement guadeloupéen, pas étonnant que ça prenne partout », assure à l’AFP Ludovic Tolassy, un des leaders du collectif. Ce militant sur la question de l’eau, mis en cause lors des émeutes de 2021, est le frère du député européen Rody Tolassy (RN).
Pour autant, les appels à la mobilisation rencontrent un succès mitigé, les syndicats traditionnels et les partis politiques se tenant pour l’heure à l’écart du mouvement.
Le collectif avait annoncé depuis plusieurs semaines vouloir se mobiliser autour d’une dizaine de revendications courantes dans l’archipel: baisse des prix du carburant, accès à l’eau potable, lutte contre la vie chère et l’insécurité, ou encore sauvegarde des emplois.
Lors de réunions publiques aux accents identitaires tenues depuis le début du mois, le représentant des TPE a contesté les « charges » pour les entreprises, allant jusqu’à évoquer la « nécessité de supprimer la sécurité sociale ».
Son homologue du BTP a dénoncé « le grand remplacement des entreprises guadeloupéennes ».
C’est avec les engins de ce dernier que le mouvement a commencé mercredi par le blocage musclé de Jarry, principale zone industrielle, située au centre de l’archipel.
Plusieurs tonnes de gravats y ont été déversées, possiblement « amiantées » selon le préfet de région. Des tests ont été réalisés jeudi, dont les résultats sont attendus la semaine prochaine.
Les discussions sont rompues entre le collectif et le préfet Thierry Devimeux, ce dernier n’en reconnaissant pas la légitimité.
« Les revendications sont connues et travaillées toute l’année avec les instances représentatives », a-t-il déclaré à la presse mercredi lors du déblocage de la zone industrielle de Jarry.




