La marée « du siècle », pain bénit pour le secteur touristique

A l’Office de tourisme de Pontorson, à 10 km du Mont Saint-Michel, c’est visiblement l’ébullition en attendant le déferlement « d’une marée humaine encore plus importante que celle du Tour de France » qui avait fait étape au Mont en juillet 2014, selon la directrice, Noémie Monpays.

« Les gens dans Pontorson craignent que tout soit bloqué comme lors du concert de Jean-Michel Jarre » en 1993, assure-t-elle. Il avait donné lieu à la création d’une association baptisée « Les exclus et lésés du concert de Jean-Michel Jarre », beaucoup de personnes n’ayant pu accéder au site en raison de l’affluence.

« Je ne sais pas comment les gens vont faire. Apparemment, beaucoup comptent arriver pour la pleine mer le samedi matin au lever du soleil et voir le mascaret le soir. D’autres comptent attendre le dimanche matin en espérant qu’il y aura moins de monde », poursuit-elle, assurant recevoir depuis novembre, et chaque jour davantage, des appels au sujet du phénomène.

Du côté de l’Office de tourisme d’Avranches, à quelque 24 km du rocher, on indique qu’on ne trouvait début mars plus aucune chambre à moins de 30 minutes de la Merveille. Pour sa directrice, Flora Bellétoile, le 21 mars s’annonce comparable à un 15 août. « Depuis 12 ans, je n’ai jamais vu ça pour une marée. On a 10 à 20 fois plus de demandes que pour les grandes marées habituelles », affirme-t-elle.

– « Impressionnant » –

Propriétaire de plusieurs hôtels et restaurants au Mont Saint-Michel, Patrick Gaulois assure qu’il n’y a plus aucune disponibilité au Mont depuis octobre, sur un total de 130 chambres, et il s’attend à ce que les restaurants soient pris d’assaut.

« Lors de la grande marée d’août, c’était comme l’ouverture des soldes dans les grands magasins. Dès que les gens peuvent à nouveau accéder au Mont ils se ruent. Je me souviens qu’à 23H00 on n’avait presque plus de denrées, le personnel était fatigué, alors on a décidé de fermer, les gens nous insultaient! », se souvient-il, amer.

En Bretagne, l’on se prépare également à un week-end chargé, particulièrement à Saint-Malo.

« Ce phénomène naturel est une opportunité incroyable pour le tourisme en Bretagne à cette période de l’année », assure Michael Dodds, directeur du Comité régional du tourisme. « La grande marée du 21 février a déjà rassemblé de nombreux touristes sur le littoral breton, ce qui est de bon augure pour le week-end du 21 mars durant lequel nous attendons une forte fréquentation », ajoute-t-il, estimant qu’avec un coefficient de 119, « le spectacle devrait être impressionnant, autant à marée basse qu’à marée haute ».

La mer, qui va se retirer très loin ce jour-là, découvrira souvent un vaste estran sableux où il sera possible de pêcher crabes, pieds de couteaux, moules, coques et autres crevettes, à l’aide d’épuisettes, de seaux et de pelles.

A marée haute, après seulement 6 heures, le paysage aura complètement changé, la mer remontant très haut cette-fois-ci.

Dans le Finistère, premier département maritime de France avec 1.200 km de côtes, les touristes afflueront également, comme à Roscoff, « où pas mal d’hôtels sont déjà complets », selon Marion Rogues de l’Office du tourisme de la ville, qui organisera une traversée à pied « assez exceptionnelle » jusqu’à la petite île de Batz, ses massifs dunaires, ses plages de sable fin ou ses côtes rocheuses.

Les autorités mettent cependant en garde contre les dangers éventuels liés aux grandes marées: « seules quelques minutes peuvent parfois suffire pour être isolé par la marée montante », prévient la préfecture maritime de la Manche et de la Mer du Nord sur son site.

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