Dans sa réponse écrite jointe au document, le président du conseil départemental depuis 2017, Cyrille Melchior, regrette « une lecture partiellement actualisée de la situation patrimoniale ».
Selon l’élu, ces constats « ne reflètent pas pleinement la réalité actuelle ni les progrès accomplis » à travers une « transformation profonde et continue » de la gestion départementale.
« D’un côté, il y a un manque de gestion active, de valorisation du patrimoine », mais « tout n’est pas de la faute du département » car « il ne dispose pas dans l’immédiat, en tout cas, de la jouissance, de l’usage direct des biens dont il est propriétaire », explique à l’AFP Frédéric Leglastin, président de la CRC.
Premier propriétaire foncier de l’île avec 100.000 hectares, soit 40% du territoire réunionnais, la collectivité installée au chef-lieu Saint-Denis (nord) détient environ un million de mètres carrés de bâtiments.
Mais les données sur ces biens restent « incomplètes et peu fiables » et la stratégie immobilière dédiée aux bureaux n’a été validée qu’en juin 2025 : « l’action va dans le bon sens, mais elle est tardive », résume M. Leglastin.
Pour loger ses services, le département a vu ses frais de location grimper de 2,7 millions d’euros en 2020 à 4,4 millions en 2024. Dans le même temps, une centaine de ses propres immeubles restent occupés gratuitement par l’État, les deux tiers d’une liste de biens établie en 1948 n’étant toujours pas régularisés près de 80 ans après la départementalisation.
La chambre pointe également d’importants retards dans la mise aux normes des bâtiments publics pour les personnes handicapées.
Seuls 2,4 millions d’euros de travaux ont été réalisés sur les 78 millions prévus entre 2017 et 2026, avec seulement trois collèges mis en conformité sur 186 bâtiments concernés.
Plusieurs sites historiques ou touristiques subissent aussi des retards entraînant une « dégradation des immeubles », comme l’ancien hôpital Félix Guyon à Saint-Denis.
Or, « sous les tropiques, le bâtiment, ça se dégrade très, très vite », prévient Frédéric Leglastin, soulignant que « ce sont des surcoûts supplémentaires très, très importants » pour l’avenir.
Au musée départemental Léon Dierx de Saint-Denis, 778 objets et oeuvres restent par ailleurs manquants, dont des dessins d’Auguste Rodin et de Victor Hugo.
La CRC a formulé six recommandations à appliquer d’ici fin 2026 pour redresser la gestion de ce patrimoine en partie classé à l’Unesco.




