Le navire chinois Kexue avait été repéré pour la première fois le 27 septembre dans des eaux situées à environ 70 kilomètres au nord de l’île d’Ishigaki, dans le département d’Okinawa, le plus méridional du Japon, « déployant par intermittence des objets ressemblant à des câbles dans la mer depuis son flanc et sa poupe », a déclaré à l’AFP un porte-parole des garde-côtes, Masashi Asano.
Le navire a finalement quitté la zone vendredi après que les garde-côtes lui ont envoyé « des messages radio exigeant l’arrêt des opérations, en précisant que les recherches scientifiques menées dans notre zone maritime sans (…) consentement ne seraient pas tolérées », a déclaré M. Asano.
Le nombre d’opérations de recherche non autorisées menées par des navires chinois dans la ZEE du Japon a déjà plus que doublé par rapport à l’année dernière, a-t-il ajouté.
La Convention des Nations unies sur le droit de la mer stipule que les recherches scientifiques dans une ZEE – une zone pouvant s’étendre jusqu’à 200 milles marins (370 kilomètres) au large des côtes d’un pays – nécessitent l’accord de l’Etat qui détient les droits exclusifs d’exploration et d’exploitation des ressources naturelles.
M. Asano a indiqué que la fréquence des recherches non autorisées dans la ZEE japonaise avait « bondi » depuis que le Japon et les Philippines ont annoncé (le 28 mai dernier) qu’ils allaient entamer des négociations sur leur frontière maritime.
Quatorze cas ont déjà été recensés cette année, contre six l’année dernière, et un ou deux cas au cours de chacune des trois années précédentes, a-t-il précisé.
Pékin revendique la majeure partie de la mer de Chine méridionale, une voie commerciale essentielle à l’échelle mondiale, malgré une décision internationale jugeant ses prétentions dépourvues de fondement juridique.
Ses garde-côtes ont eu à plusieurs reprises des accrochages avec ceux des Philippines, faisant craindre un conflit armé.
Par ailleurs, les navires des garde-côtes japonais et chinois se livrent régulièrement à des face-à-face autour des îles Senkaku en mer de Chine orientale, administrées par Tokyo mais revendiquées par Pékin qui les appelle Diaoyu.
La Première ministre nippone Sanae Takaichi a qualifié lundi la Chine de « voisin important » dans un discours de politique générale et s’est engagée à bâtir une relation stable entre les deux pays rivaux.
Les relations diplomatiques entre les deux géants économiques asiatiques sont au plus bas depuis que M. Takaichi a laissé entendre en novembre que Tokyo pourrait intervenir en cas d’attaque contre Taïwan, située non loin d’Okinawa, que Pékin revendique comme faisant partie de son territoire.




