La conférence en question, Disinfo2026, est organisée par l’ONG EU DisinfoLab, qui se concentre sur l’analyse et les moyens de combattre la désinformation, particulièrement en Europe.
La décision de retirer le logo du service diplomatique de l’UE (SEAE, soit EEAS en anglais), le parraineur de cette conférence qui s’est ouverte mercredi à Vilnius, a été prise « compte tenu du programme », a dit devant la presse un porte-parole du service concerné, Christian Wigand.
Il a éludé la question sur d’éventuelles pressions américaines ayant conduit à cette décision. Le logo a été retiré « en raison de la manière dont les organisateurs ont conçu le programme », « c’est la raison », a-t-il insisté.
Des images prises par une participante à cette conférence montrent des pancartes sur l’événement avec les logos du service diplomatique de l’UE, du Canada et de la Lituanie masqués par des autocollants.
Plusieurs médias, dont le journal britannique The Guardian, ont assuré que l’UE et d’autres parraineurs, comme le Canada et la Lituanie, le pays hôte de cette conférence, avaient décidé de retirer leur soutien, après des pressions du gouvernement du président Donald Trump.
Le ministère canadien des Affaires étrangères a expliqué, dans une déclaration transmise à l’AFP, avoir « décidé de revoir sa participation » à plusieurs panels, dont l’un que le Canada devait modérer sur « la désinformation en Arctique », en raison de « modifications apportées au contenu ».
« Toutes les décisions relatives à notre participation sont prises par le Canada, en tenant compte des intérêts et des priorités canadiennes », a précisé Ottawa, qui a envoyé trois de ses représentants à la conférence.
La France est restée pour sa part sponsor de l’événement.
« On a décidé il y a plusieurs mois de soutenir cette conférence » et « on n’a simplement aucune raison de changer notre engagement par rapport aux organisateurs de la conférence, qui, encore une fois, restent parfaitement maîtres de leur programmation », a souligné une source diplomatique française qui a démenti avoir subi des « pressions ou (des) menaces ».
Les Etats-Unis considèrent que la lutte contre la désinformation masque en réalité une atteinte à la liberté d’expression.
L’UE a déjà participé à de précédentes éditions de cette conférence, qui rassemble chaque année des chercheurs, des experts et des journalistes travaillant sur ces sujets.
Pressé de questions sur le contenu qui, cette fois, avait incité l’UE à retirer son logo, le porte-parole a refusé de fournir la moindre précision.
Les organisateurs de cette conférence « ont choisi de présenter certaines discussions d’une manière qui ne correspond pas aux positions officielles de l’UE », s’est-il borné à déclarer.
M. Wigand s’est également refusé à préciser si des contacts diplomatiques avaient eu lieu avec des responsables américains sur ce sujet.
« Par principe, je ne commente pas les échanges diplomatiques », a-t-il affirmé.
Un des événements annoncés au programme, sur le site internet de la conférence, promettait d’examiner comment les Etats-Unis étaient devenus une « menace pour l’Europe » dans le domaine de la désinformation et des ingérences étrangères.




