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Marchés des céréales: les cours se tassent, les acheteurs attendent

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Paris (France), 30 sept 2026 (AFP) – L’attentisme des acheteurs, qui tablent sur un déblocage de la mer Noire, passage stratégique pour les cargaisons exportées par la Russie et l’Ukraine, et la déception après la visite du président chinois Xi Jinping à Washington ont pesé sur les cours des céréales cette semaine, en Europe et aux Etats-Unis.

L’assemblée générale de l’ONU la semaine dernière a été le cadre de multiples déclarations, notamment de la Turquie, pour tenter de forger un compromis afin de rétablir la sécurité de navigation en mer Noire, où Russie et Ukraine amplifient les frappes.

Rien n’a abouti. Mais « la succession des annonces diplomatiques en faveur de négociations incite les pays acheteurs à patienter », souligne Sébastien Poncelet, analyste chez Argus Media France.

« La demande internationale de blé est bien là, mais elle attend. Les acheteurs se disent que la mer Noire va bien rouvrir à un moment », ajoute-t-il. Voilà pourquoi malgré le blocage dans cette région du monde – Russie et Ukraine représentent ensemble un quart des exportations mondiales de blé -, les flux de sortie depuis la France ou d’autres grands pays exportateurs « sont loin d’être en surrégime ».

Le blé s’échangeait à 238,50 euros la tonne mercredi sur le marché européen Euronext, contre 241 euros sept jours auparavant (-1%). A la Bourse de Chicago, le boisseau (27 kg) valait 6,99 dollars, contre 7,16 USD la semaine dernière.

La céréale du pain est certes en baisse (elle valait plus de 250 euros la tonne début septembre), mais elle reste bien au-dessus des 200 euros du mois de janvier.

– Le Rhin au plus bas, le colza souffre –

Aux Etats-Unis, le soja a pâti du manque d’engagements concrets après la visite de Xi Jinping à Washington en fin de semaine dernière.

« Ces derniers mois, les fonds ont acheté du soja, dans l’espoir que le sommet débouche sur quelque chose de constructif » en faveur d’achats par la Chine de soja américain, relève Dewey Strickler, analyste chez Ag Watch Market Advisors.

Mais le soja, le pétrole brut et le gaz naturel liquéfié semblent avoir été exclus par Pékin des produits qui bénéficieront d’une baisse des droits de douane chinois, dans le cadre d’un arrangement avec la Maison Blanche, précise Michael Zuzolo, de Global Commodity Analytics and Consulting. D’où un mouvement de vente.

Le boisseau de soja (27 kg) valait 13,05 USD à Chicago mercredi, contre 13,25 USD la semaine dernière.

En Europe, le colza est lui soumis à des tensions.

Le très bas niveau du Rhin, en Allemagne, pèse sur le cours de cet oléagineux. « Les énormes restrictions de navigabilité » sur ce fleuve empêchent les usines allemandes de trituration – où le colza est transformé en tourteaux, biocarburant, huile – de s’approvisionner, ou de réexpédier leurs produits, explique Sébastien Poncelet. Il y a donc moins d’acheteurs.

La Fédération allemande de la navigation intérieure a annoncé mardi que la navigation était devenue quasiment impossible sur certaines parties du fleuve, qui présentent un niveau historiquement bas à cause d’une sécheresse persistante.

Le colza valait 539 euros la tonne mercredi sur Euronext, contre 550,29 la semaine dernière.

– Le blé remplace le maïs –

Tensions contraires également pour le maïs, pris entre une récolte catastrophique en France, premier producteur européen ces dernières années, et une demande en recul.

La hausse du cours enregistrée depuis le début de l’été (le grain jaune a pris quasi 33% depuis le 15 juin sur Euronext) pousse les acheteurs à le délaisser au profit du blé pour l’alimentation animale.

Le maïs était à 266,75 euros la tonne mercredi sur Euronext, contre 274,75 euros il y a sept jours (-2,90%). A Chicago, le boisseau (25 kg pour le maïs) valait 5,24 USD, contre 5,36 USD.

Enfin, dernier facteur explicatif du mouvement baissier de ces derniers jours sur les marchés des céréales: la légère détente des prix du pétrole, sous l’effet de signaux encourageants quant à une reprise progressive des exportations depuis le Moyen-Orient.

Le pétrole occupe en effet un rôle moteur dans l’univers des matières premières: des fonds investissent sur toutes les matières premières – y compris les grains – et achètent ou vendent en fonction des cours du pétrole. Quand le pétrole recule, les cours des grains tendent eux aussi à se tasser.

fmp-ni/ved/spi

EURONEXT