Annoncé lors de la première édition du sommet économique « Choose Outre-mer » à la Banque de France, « ce véhicule » a dépassé son objectif initial de 30 millions d’euros.
Il s’agit d’un « signe de confiance », a salué la ministre, devant un parterre d’investisseurs et d’entrepreneurs.
Ce nouveau fonds, géré par la société INCO Ventures, réunit l’Etat, l’Agence française de développement (AFD) et la Banque des territoires, aux côtés d’acteurs privés tels que la BRED, EDF ou le groupe Bernard Hayot, lors de son premier tour de table
L’exécutif ambitionne d’y opérer un changement de logiciel « radical ».
Au lieu de se focaliser sur des politiques destinées à compenser l’éloignement ou l’insularité, le gouvernement veut désormais miser sur les « atouts de ces régions », comme la biodiversité tropicale ou l’économie bleue.
« Pendant longtemps, nous avons pensé leur développement d’abord à partir de leurs contraintes », a souligné Naïma Moutchou. « Pas une subvention. Un investissement », a-t-elle martelé.
Le fonds financera des projets « économiquement solides » alliant « rendement et utilité » pour le territoire, ciblant notamment les ressources naturelles, la décarbonation ou l’inclusion.
Pour amorcer cette dynamique, neuf jeunes pousses, à l’image de Tahiti Marine Biotech en Polynésie ou de Biofuel à La Réunion, s’affrontaient lors de présentations chronométrées avec l’espoir de décrocher des financements « pour changer d’échelle ».
Au-delà de l’accès au capital, les entreprises ultramarines pâtissent de marchés souvent étroits.
Pour y remédier, un partenariat a été signé avec Business France afin d’aider ces sociétés à conquérir leur environnement régional.
Mais ces ambitions risquent de rester vaines si les compétences font défaut, une réalité dans des bassins d’emploi frappés par la fuite des jeunes diplômés vers l’Hexagone.
Un vaste événement de recrutement était ainsi organisé en simultané dans la capitale et dans cinq territoires, de la Guadeloupe à Mayotte.
Dans ce cadre, une convention de trois ans a été signée avec France Travail. Pilotée par son directeur général Thibaut Guilluy et la patronne de l’Apec Annelore Coury, l’opération propose près d’un millier d’offres pour mettre face-à-face employeurs ultramarins et talents.
Cette offensive économique intervient dans le sillage du plan France 2030, qui a déjà permis d’engager près de 300 millions d’euros pour soutenir une centaine de projets outre-mer, et s’accompagne d’une nouvelle mobilisation contre les délais de paiement qui menacent les entreprises d' »asphyxie ».




