Arrivé la veille au soir à Reykjavik, la capitale islandaise, M. Rubio doit s’entretenir avec le Premier ministre islandais Kristrun Frostadóttir, ainsi que son homologue Þorgerður Katrín Gunnarsdóttir. Il doit aussi visiter la base de Keflavik, une ancienne base militaire américaine, y rencontrer des membres de l’US Navy stationnés ici.
« Ils sont membres de l’Otan et de bons amis des États-Unis. C’est donc l’occasion de faire escale là-bas et de les rencontrer », avait déclaré lundi Marco Rubio, répondant à une question d’un journaliste de l’AFP, peu avant son départ de Washington.
Ce déplacement express, aussi symbolique que politique, intervient dans le sillage de l’accord de sécurité sur le Groenland, signé il y a une dizaine de jours en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York.
L’accord a mis fin, au moins pour le moment, aux tensions provoquées par les visées insistantes de Donald Trump sur le territoire autonome danois, qui avaient envenimé les relations avec l’Union européenne.
Avec la montée des tensions dans l’Arctique, — la côte est du Groenland est située à moins de 300 kilomètres — l’Islande a retrouvé une importance stratégique de premier plan.
« Le fait que Rubio vienne aujourd’hui à des fins diplomatiques pour mener ce dialogue (sur l’Arctique) avec les responsables islandais est significatif », s’est félicité à la télévision publique RUV Pia Hansson, directrice de l’Institut d’études internationales de l’Université d’Islande.
L’île, dépourvue d’armée, continue de s’en remettre largement aux États-Unis pour assurer sa sécurité, via un accord de défense bilatéral conclu en 1951 et à travers l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord.
La dernière visite d’un secrétaire d’Etat américain remonte à 2021.
Début septembre, le président américain avait déclenché une polémique avec une « carte » recouvrant du drapeau des États-Unis toute l’Amérique du Nord, le Mexique, les Caraïbes, le Groenland et l’Islande.
Reykjavik avait réagi en convoquant l’ambassadeur américain « pour lui signifier clairement que cette image était totalement inappropriée ».
Les vues de Donald Trump sur le Groenland ont ébranlé quelques certitudes quant à leur relation, sans la remettre en cause.
Le déplacement de M. Rubio intervient aussi après un référendum fin août, où les Islandais ont rejeté par 52,8% contre 47,2% une reprise des négociations d’adhésion à l’Union européenne, gelées depuis 2013.
Après l’Islande, Marco Rubio se rendra mardi après-midi à Athènes pour participer à un « dialogue stratégique » mercredi, concernant notamment la sécurité régionale et énergétique, selon le département d’Etat.




