« L’autoroute fluviale est fermée, donc le ravitaillement s’effectuera dès aujourd’hui par voie aérienne, grâce à la mobilisation de moyens privés et militaires », a déclaré ce jeudi le préfet Antoine Poussier lors d’un point presse.
Ces avions privés et trois Casa de l’armée transporteront 100 tonnes de fret par semaine.
Ce déficit pluviométrique a entraîné, selon la préfecture, « une forte baisse du niveau des cours d’eau et l’interruption progressive du trafic fluvial », réseau vital pour ces communes non reliées au réseau routier.
Un dispositif de fret subventionné par la Collectivité territoriale de Guyane (CTG) est réactivé pour assurer l’approvisionnement en produits de première nécessité.
« Cette aide, qui permet d’avoir un fret à 50 centimes d’euros par kilo, est reconduite cette année », a confirmé à l’AFP Jean-Paul Fereira, président par intérim de la CTG.
En contrepartie, les commerçants bénéficiant de ce dispositif doivent garantir un prix de référence pour limiter l’inflation. « Des contrôles seront réalisés par la Répression des fraudes », a précisé le préfet.
Les contrôles des prix visent à éviter les abus de la crise de 2024, quand une bouteille de gaz de 12,5 kg se vendait 120 euros. Il y a deux ans, répondre à deux mois d’urgence avait coûté 3,5 millions d’euros à l’Etat et à la CTG.
Cette crise est décuplée par le dérèglement climatique et le phénomène El Niño.
Selon Météo-France Guyane, juillet et août ont été les mois les plus secs enregistrés depuis 1967. Ce stress hydrique s’est poursuivi en septembre avec seulement 2,9 mm de pluie « contre 18 mm en moyenne entre 1991 et 2020 », a indiqué à l’AFP Ludovic Magnouloux, responsable du service prévision.
Particulièrement précoce avec un début en juin, la saison sèche pourrait s’étirer jusqu’aux premiers mois de 2027 « sous l’effet d’un El Niño record », selon Météo-France Guyane, alors que les pluies arrivent généralement en décembre.
El Niño est un phénomène naturel qui revient tous les deux à sept ans.
Les eaux de surface dans le centre et l’est du Pacifique équatorial se réchauffent à partir du printemps, ce qui entraîne les mois suivants des modifications majeures des régimes de vents, de pression et de précipitations à l’échelle mondiale.




