L’objectif de cette journée de rencontres est d’opérer un changement de logiciel « radical ».
Au lieu de se focaliser sur des politiques destinées à compenser l’éloignement ou l’insularité, l’exécutif veut désormais miser sur les « atouts de ces régions », comme la biodiversité tropicale ou l’économie bleue -liée aux activités autour de la mer- en connectant des porteurs de projets avec des mastodontes financiers tels que la Banque des Territoires, EDF ou le groupe Bernard Hayot.
« Pendant longtemps, nous avons pensé leur développement d’abord à partir de leurs contraintes », concède Naïma Moutchou.
Si ces approches compensatoires demeurent nécessaires, « elles ne peuvent pas constituer à elles seules une stratégie économique », fait-elle valoir, appelant à rompre avec la logique de dépendance pour transformer le potentiel local en « davantage d’investissements, d’activité, de valeur et d’emplois ».
Pour amorcer cette dynamique, l’événement sert de rampe de lancement à un fonds d’investissement à impact public-privé.
Piloté par la société de gestion INCO Ventures, ce véhicule financier doit injecter de l’argent frais pour consolider les fonds propres des petites et moyennes entreprises, afin de faciliter leur conquête des marchés régionaux.
Pour convaincre les banquiers, neuf jeunes pousses, à l’image de Tahiti Marine Biotech en Polynésie ou de Biofuel à La Réunion, s’affronteront lors d’un concours de présentations chronométrées avec l’espoir de décrocher des financements « pour changer d’échelle ».
Mais ces ambitions risquent de rester vaines si les compétences font défaut, une réalité dans des bassins d’emploi frappés par la fuite des jeunes diplômés vers l’Hexagone.
Pour y remédier, un vaste événement de recrutement est organisé en simultané dans la capitale et dans cinq territoires, de la Guadeloupe à Mayotte. Pilotée par le directeur général de France Travail, Thibaut Guilluy, et la patronne de l’Apec, Annelore Coury, l’opération propose près d’un millier d’offres pour mettre directement face-à-face les employeurs ultramarins et les talents partis dans l’Hexagone.
Cette offensive de séduction économique intervient dans le sillage du plan gouvernemental d’investissement France 2030.
Ce dispositif national a déjà permis d’engager près de 300 millions d’euros pour soutenir une centaine de projets productifs outre-mer depuis son lancement.




