Inspiré par le « challenge » lancé par une internaute canadienne au Premier ministre Justin Trudeau, cet habitant de 27 ans de la ville sainte chiite à une centaine de kilomètres au sud de Bagdad, a interpellé le gouverneur sur les réseaux sociaux.
Défi relevé, a répondu M. Tourihi, 58 ans en poste depuis quatre ans, qui y voit une « expérience fructueuse » et a même demandé, plutôt que de recevoir uniquement Alaa, d’accueillir en tout trois jeunes, dont une fille, dans un pays où 60% de la population a moins de 25 ans.
« C’est une façon de soutenir les jeunes et de briser les barrières entre eux et les responsables », dit le gouverneur à l’AFP.
En Irak, classé parmi les pays les plus corrompus au monde, depuis des années des manifestations dénoncent chaque semaine la gabegie de l’Etat.
Et la défiance des Irakiens envers leurs responsables ne fait qu’augmenter alors qu’au cours des dernières semaines plusieurs responsables, notamment des gouverneurs, ont été limogés ou arrêtés durant leur fuite pour des faits de corruption portant sur des millions de dollars.
Pour M. Tourihi, la venue d’Alaa Ibrahimi est aussi un moyen « d’échanger des idées, de partager des expériences de citoyens et de tirer profit d’idées proposées par des jeunes ».
Car, affirme le jeune diplômé en comptabilité devenu journaliste à la radio de Kerbala, sa venue au gouvernorat n’est « pas une idée en l’air lancée par un jeune naïf ».
« C’est une façon de faire entendre aux responsables les problèmes des citoyens et de comprendre leur travail », affirme celui qui dit avoir des idées pour améliorer les infrastructures de la ville et susciter l’engagement citoyen.
Barbe taillée de près, le visage fin et bronzé, le jeune homme retourne ensuite auprès du gouverneur, assis à son bureau. Devant des porte-documents, il se fait expliquer chaque lettre signée par M. Tourihi.
Au terme de sa semaine au gouvernorat, le principal sujet pour lequel il a plaidé auprès du gouverneur, affirme-t-il, c’est le chômage, qui touche particulièrement les jeunes dans l’ensemble du pays.
Dans le même temps, il a aussi « constaté les obstacles rencontrés par les responsables dans leur travail ».
Et le défi canadien a suscité d’autres vocations. Les médias locaux ont fait état de plusieurs autres responsables ayant accueilli le temps d’un jour ou d’une semaine de jeunes Irakiens.




