Entretien avec Guillaume d’Arcimoles, président de Keys 4 Sea – Propos recueillis par Linda Verhaeghe
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À Euronaval, Keys 4 Sea a franchi une nouvelle étape dans son développement, avec la signature d’un accord de partenariat avec Safran et la confirmation de l’intérêt du marché pour ses solutions de dronisation navale. Pour Guillaume d’Arcimoles, son président, le salon a été fructueux : la start-up y a identifié de nouveaux clients, partenaires et fournisseurs, et a conforté son positionnement sur un marché en plein essor. Retour sur un bilan prometteur et des perspectives de coopération renforcées.
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Quel bilan tirez-vous de cette 30e édition d’Euronaval pour Keys 4 Sea, et en quoi votre savoir-faire répond-il aux évolutions du marché des drones navals ?
Le bilan est très positif. Nous étions venus chercher des clients, des partenaires et des fournisseurs, nous avons trouvé les trois ! Nous avons identifié des perspectives commerciales intéressantes, en particulier à l’international. Le salon nous a aussi permis de prendre le pouls du marché. Nous avons constaté que presque tout le monde proposait désormais des drones, signe que ce marché arrive à un stade de maturité.
Notre cœur de métier est plus spécifiquement la dronisation de navires existants, grâce à un système plug & play, non intrusif et agnostique, aussi bien vis-à-vis de la plateforme que des charges utiles. Notre objectif est d’offrir un maximum de souplesse, de modularité et d’évolutivité. Concrètement, nous pouvons transformer en quelques heures un navire existant en USV (Unmanned Surface Vehicle), puis l’équiper de charges utiles adaptées à la mission.
Une demi-douzaine d’entreprises dans le monde partagent aujourd’hui cette approche, même si le terme de « dronisation » tend à se banaliser. Ce qui nous différencie, c’est notamment le temps nécessaire pour réaliser l’opération : combien d’heures, de jours ou de semaines d’études et de développements faut-il pour rendre un navire autonome ? C’est là que se joue une partie de la valeur ajoutée.
Vous avez signé un accord de partenariat avec Safran pendant Euronaval. Que représente cette signature pour Keys 4 Sea ?
C’est une étape importante dans une coopération que Keys 4 Sea et l’une de ses sociétés actionnaires ont amorcée depuis plusieurs années. Cet accord, formalisé par un MOU (memorandum of understanding), s’inscrit notamment dans le cadre d’un programme de drones de surveillance et associe nos compétences en ingénierie à celles de Safran (l’accord implique également Armor X, qui concevra et fabriquera le véhicule de surface sans équipage destiné à accueillir les systèmes embarqués de Safran, ndlr).
Il ne faut pas croire que la coopération entre une très petite entreprise et un grand groupe va de soi. Elle suppose de trouver les bons interlocuteurs, de construire une relation de confiance et de démontrer que l’on sait travailler ensemble, avec des exigences et des méthodes parfois différentes. Ce MOU montre que Keys 4 Sea est « Safran compatible ». Mais je peux aussi témoigner que Safran est « TPE compatible » ! Et je ne suis pas certain que beaucoup de grands groupes puissent en dire autant. C’est donc une reconnaissance mutuelle et une perspective de collaboration qui va au-delà de la simple signature d’un accord.
Notre coopération avec Safran s’est notamment illustrée dans le cadre du projet DANAE de l’Agence de l’innovation de défense (un programme d’expérimentation visant à évaluer les capacités opérationnelles de drones de surface). Keys 4 Sea était alors le plus petit des acteurs spécialisés dans la dronisation engagés dans le projet. Nous en étions pourtant le mandataire, en cotraitance avec Safran, qui nous a accordé sa confiance. Malgré des conditions de mer très difficiles, nous n’avons connu aucune avarie et obtenu de très bons résultats.
Quelles perspectives cette nouvelle étape ouvre-t-elle pour Keys 4 Sea ?
Elle nous apporte d’abord une meilleure visibilité sur les travaux de R&D que nous pourrons conduire en commun, notamment dans le cadre de réponses à des appels d’offres. C’est essentiel pour une structure de notre taille : pouvoir anticiper les développements, mutualiser les compétences et nous positionner sur des projets plus ambitieux.





