« L’alliance transatlantique (Otan) subit une mutation beaucoup plus profonde que nous ne voulions peut-être l’admettre jusqu’à présent », a estimé le ministre social-démocrate des Finances lors d’un discours à l’institut économique DIW situé à Berlin.
Le chef de file des sociaux-démocrates, partenaire minoritaire de la coalition des conservateurs de Friedrich Merz, s’exprime ainsi en des termes plus crus que le chancelier allemand.
Le numéro deux du gouvernement a d’abord évoqué l’intervention militaire américaine au Venezuela, qui a mené à la capture du président déchu Nicolas Maduro, une « violation » du droit international qui « doit nous alerter ».
Il cite aussi les menaces de Donald Trump contre le Mexique, la Colombie, Cuba et le Groenland, territoire autonome danois faisant partie de l’Otan.
Mercredi, le président américain a réitéré son souhait de s’emparer de cette immense île arctique « pour des raisons de sécurité nationale » et a demandé le soutien de l’Otan.
Dans cette période de « bouleversements historiques », « toutes les certitudes sur lesquelles nous pouvions compter en Europe sont remises en question », assure Lars Klingbeil.
Deux jours plus tôt, Lars Klingbeil participait à un sommet à Washington sur les terres rares et les matières premières cruciales, à l’issue duquel il a réclamé une coopération commerciale « plus étroite » au sein du G7.
Depuis le retour du milliardaire à la Maison Blanche, les relations entre Washington et Berlin, très étroites depuis 1945, s’effritent.
La forte hausse des droits de douane américains adoptée en 2025 fragilise par ailleurs l’économie allemande, très dépendante de ses exportations.
« Cela ne signifie pas pour autant que nous renonçons au libre-échange ou aux marchés ouverts », a affirmé Lars Klingbeil, qui estime possible de compenser aux « deux tiers » la baisse des exportations vers les Etats-Unis par « les accords de libre-échange » de l’UE « avec les pays du Mercosur, l’Inde et l’Indonésie ».




