Volet ultramarin de l’enquête nationale sur les sexualités en France publiée en 2024, cette étude a recueilli les réponses de 10.259 ultramarins de 15 à 89 ans en Guyane, Guadeloupe, Martinique et La Réunion, Mayotte n’ayant pu être incluse.
Selon l’étude, entre un quart et un tiers des femmes concernées par la contraception n’y recourent pas, proportion « très largement supérieure » aux 9% observés en France hexagonale. En Guadeloupe, ce taux atteint 35,1% chez les 18-29 ans.
Parallèlement, entre 29% et 37,2% des femmes déclarent que leur dernière grossesse n’était pas souhaitée, dans un contexte de « fort recours à l’IVG » dans les DROM.
La couverture vaccinale est une autre source d’inquiétude. La proportion de femmes de 18-29 ans vaccinées contre les papillomavirus humains (HPV) ne dépasse pas 27,9% dans le meilleur des cas (La Réunion) tandis que chez les jeunes hommes, elle plafonne à 18,9%. Des niveaux « nettement inférieurs » à ceux de l’Hexagone, eux-mêmes en deçà de l’objectif national de 80%.
Le recours au préservatif reste lui aussi insuffisant: « inférieur à 55% » lors d’un premier rapport avec un nouveau partenaire, quel que soit le sexe ou le territoire.
Entre 22,7% (La Réunion) et 28,7% (Guyane) des femmes déclarent avoir subi un viol ou une tentative au cours de leur vie. Cette proportion atteint plus d’un tiers chez les 18-29 ans, l’étude notant que cet écart peut s’expliquer « par une plus grande capacité à reconnaître et à déclarer ces violences, qui pouvaient être autrefois passées sous silence ».
Les résultats montrent par ailleurs une remontée de l’âge au premier rapport sexuel depuis 2008 dans tous les DROM sauf la Guyane, où l’entrée dans la sexualité reste plus précoce (17,4 ans pour les femmes, 15,7 ans pour les hommes)/
L’étude note également une tendance des jeunes à « s’affranchir de l’hétéronormativité »: jusqu’à une femme sur trois parmi les 18-29 ans déclare une attirance ou des pratiques avec des personnes de même sexe. L’acceptation sociale de l’homosexualité demeure cependant « faible » par rapport à la métropole, ajoute l’étude.
« Chaque territoire est différent, de par son histoire, ses caractéristiques sociodémographiques », souligne Emmanuelle Rachou, de l’Observatoire régional de la santé (ORS) de La Réunion, appelant à développer « des stratégies de prévention adaptées aux réalités de chaque territoire et ne pas considérer les DROM comme un tout homogène ».




