Brexit: Pressés par le temps, Bruxelles et Londres reprennent langue

Downing Street s’est dit prêt à lancer « d’intenses négociations » avec le Français, sorti en fin d’après-midi de la gare de Saint-Pancras, masque aux couleurs du drapeau européen sur le visage et flanqué de son équipe. « Les deux parties reconnaissent que le temps est vraiment compté », a poursuivi le porte-parole de Boris Johnson.

Les 27 ont prévenu qu’un compromis devait être trouvé avant la fin octobre pour qu’un accord de libre-échange soit en place au 1er janvier, fin de la période de transition pendant laquelle les règles européennes continuent de s’appliquer sur le territoire britannique.

Cela leur donne une dizaine de jours, à moins de jouer les prolongations, pour s’accorder sur des sujets aussi complexes que l’accès aux poissons britanniques pour les pêcheurs européens ou le niveau d’alignement avec les règles de l’UE consenti par Londres pour accéder au marché européen sans quotas ni droits de douane.

Les discussions doivent se tenir à Londres jusqu’à dimanche, de manière quotidienne et week-end compris, sur tous les sujets en parallèle. Ensuite, elles auront lieu en personne ou par visioconférence.

– « Croisons les doigts » –

Malgré l’urgence, les deux parties ont passé la dernière semaine à un jeu de ping-pong, exigeant chacune que l’autre fasse le premier pas, après un sommet européen marqué par la fermeté des 27.

Boris Johnson avait alors déclaré les pourparlers « terminés » et demandé à son pays de se préparer à un « no deal », une perspective potentiellement dévastatrice pour des économies déjà ébranlées par la pandémie de Covid-19.

« Croisons les doigts pour que cette nouvelle intensification des discussions aboutisse », a déclaré le secrétaire d’État chargé de la Sécurité publique, Kit Malthouse, sur la chaîne Sky News.

« Les négociations impliquent souvent un peu de mauvaise humeur et de tension, et des portes qui claquent », a-t-il ajouté. « C’est dans la nature d’une négociation que les choses se tendent, surtout vers la fin quand vous êtes confrontés à une date butoir. »

Pour débloquer la situation, Michel Barnier et son homologue britannique David Frost se sont parlé par téléphone tous les jours depuis le début de semaine.

Dans une apparente concession aux Britanniques, le négociateur de l’UE s’est dit mercredi, devant les députés européens, prêt à rechercher « les compromis nécessaires, de chaque côté ». Il a assuré qu’un accord se ferait « dans le respect de la souveraineté britannique ».

« Le Royaume-Uni a insisté ces derniers jours pour que l’UE s’engage sur la +souveraineté+ » du pays et « confirme +un compromis des deux côtés+. Ce que Barnier s’est employé à faire », a expliqué une source européenne.

Mais jeudi devant les présidents du Parlement européen, qui aura son mot à dire sur l’accord, le négociateur en chef a rappelé que « la transparence et l’unité sont clés » pour l’UE, « comme cela est le cas durant toutes les négociations ».

Les discussions butent toujours sur trois sujets: l’accès des Européens aux poissonneuses eaux britanniques, les garanties réclamées à Londres en matière de concurrence, et la manière de régler les différends dans le futur accord.

Le président du Conseil européen, Charles Michel, a reproché mercredi à Londres de vouloir accéder au marché unique européen « tout en étant capable de s’écarter de nos normes et réglementations, quand cela lui convient ».

Sans accord, les échanges entre les deux parties seront dès le 1er janvier régis par les règles de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), synonymes de droits de douanes élevés. Même en cas de compromis évitant cette brusque rupture, les entreprises doivent se préparer à des démarches chronophages pour exporter et se plier aux normes respectives.

Les Infos Mer de M&O

Liban : nouvelles frappes israéliennes à Beyrouth, craintes d’une occupation du sud

De nouvelles frappes israéliennes ont visé Beyrouth dans la nuit, faisant sept morts et plusieurs dizaines de blessés selon les autorités libanaises. L’aviation...

Ouistreham : un chalutier saisi pour trafic de cocaïne vendu 300 000 euros aux enchères

Un chalutier de 18 mètres, saisi en 2025 dans le cadre d’un trafic maritime de cocaïne entre le Brésil et la Normandie, a...

29 mars 1967 : lancement du premier sous-marin nucléaire lanceur d’engins français LE REDOUTABLE

Source vidéo du 9 juillet 1969 : INA Le général de Gaulle est présent et déclare : "C’est une journée capitale pour notre Marine,...

France – Philippines : un accord pour renforcer la coopération militaire en Indo-Pacifique

La France et les Philippines ont signé un accord permettant à leurs forces armées de participer à des exercices conjoints sur leurs territoires...

Washington accuse Chine de cibler des navires panaméens

Les États-Unis accusent la Chine de retenir des navires sous pavillon panaméen dans ses ports, dans un contexte de tensions croissantes autour du...

Australie : Canberra défend son engagement au Moyen-Orient face aux critiques de Donald Trump

L’Australie a défendu son implication au Moyen-Orient après les critiques de Donald Trump, qui a jugé la contribution de Canberra « pas terrible...

Plus de lecture

M&O 290 - Mars 2026

Colloque Souveraine Tech du 12 sept 2025

Alors qu'il était Premier Consul, Napoléon Bonaparte déclara le 4 mai 1802 au Conseil d'État, "L’armée, c’est la nation". Comment ce propos résonne t-il à un moment de notre histoire où nous semblons comprendre à nouveau combien la nation constitue et représente un bien à défendre intelligemment ? Par ailleurs, si la technologie est le discours moral sur le recours aux outils et moyens, au service de qui ou de quoi devons-nous aujourd'hui les placer à cette fin, en de tels temps incertains ? Cette journée face à la mer sous le regard de Vauban sera divisée en tables rondes et allocutions toniques.

ACTUALITÉS

Le Bénin et la mer

Découvrez GRATUITEMENT le numéro spécial consacré par Marine & Océans au Bénin et la mer

N° 282 en lecture gratuite

Marine & Océans vous offre exceptionnellement le numéro 282 consacré à la mission Jeanne d’Arc 2024 :
  • Une immersion dans la phase opérationnelle de la formation des officiers-élèves de l’École navale,
  • La découverte des principales escales du PHA Tonnerre et de la frégate Guépratte aux Amériques… et de leurs enjeux.
Accédez gratuitement à la version augmentée du numéro 282 réalisé en partenariat avec le Centre d’études stratégiques de la Marine et lÉcole navale

OCÉAN D'HISTOIRES

« Océan d’histoires », la nouvelle web série coanimée avec Bertrand de Lesquen, directeur du magazine Marine & Océans, à voir sur parismatch.com et sur le site de Marine & Océans en partenariat avec GTT, donne la parole à des témoins, experts ou personnalités qui confient leurs regards, leurs observations, leurs anecdotes sur ce « monde du silence » qui n’en est pas un.