Dans une notice d’information maritime (Navtex) publiée vendredi, la Turquie a annoncé qu’elle allait effectuer un exercice naval de tir réel au large de Sadrazamkoy, dans le Nord de Chypre, de samedi à lundi.
Dans un Navtex, le Centre conjoint de coordination des opérations de sauvetage — qui dépend du ministère de la Défense chypriote — a répondu que l’exercice turc était « illégal » et « violait la souveraineté de la République de Chypre ».
Chypre est divisée depuis l’invasion du tiers nord de l’île méditerranéenne par l’armée turque en 1974 après un coup d’Etat visant à rattacher le pays à la Grèce. La République de Chypre, membre de l’Union européenne, n’exerce son autorité que sur les deux tiers sud de l’île tandis que l’autoproclamée République turque de Chypre-Nord n’est reconnue que par la Turquie.
L’annonce d’Ankara a été faite au lendemain d’une déclaration de sept dirigeants de pays du sud de l’Union européenne qui ont exhorté la Turquie à cesser sa politique de « confrontation » en Méditerranée orientale et ont agité le spectre de sanctions européennes.
La Turquie et la Grèce, toutes deux membres de l’Otan, se déchirent à propos de gisements d’hydrocarbures, dans une zone qu’Athènes estime relever de sa souveraineté.
La tension est montré d’un cran quand la Turquie a envoyé, le 10 août, un navire de prospection sismique accompagné de navires de guerre dans des eaux revendiquées par la Grèce, ce qui a poussé Athènes à lancer des manoeuvres navales.
Dans un communiqué séparé, la garde nationale chypriote a annoncé que deux navires des forces spéciales de la marine américaine étaient à Chypre pour « un exercice militaire conjoint » qui a commencé samedi et doit prendre fin le 20 septembre, selon le ministère de la Défense.
Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo est attendu samedi après-midi à Chypre, afin de chercher une solution aux tensions croissantes en Méditerranée.