Chypre: Eni veut étendre l’exploration gazière malgré un incident avec la Turquie

Eni s’est trouvé en février au centre d’un contentieux international lorsque l’un de ses navires qui effectuait des forages d’exploration à l’est de l’île divisée a été bloqué par la marine turque et a dû quitter la zone.

Le chef du département exploration, Luca Bertelli, a indiqué lors d’une conférence à Chypre qu’Eni étudiait de nouvelles possibilités d’exploration dans deux blocs –dont le numéro 6, appelé Calypso– où la compagnie a annoncé début février avoir découvert d’importantes réserves de gaz.

La République de Chypre, membre de l’Union européenne et n’exerçant son autorité que sur les deux tiers sud de l’île, a signé ces dernières années des contrats d’exploration avec des géants des hydrocarbures comme Eni, le Français Total ou l’Américain ExxonMobil.

Mais Ankara, dont les troupes ont envahi en 1974 le tiers nord de l’île en réaction à un coup d’Etat visant à rattacher l’île à la Grèce, réclame la suspension de toute exploration par les Chypriotes-grecs, tant qu’une solution à la division de Chypre n’est pas trouvée.

Selon M. Bertelli, le gisement Calypso contient du “méthane presque pur”, Eni estimant qu’il pourrait contenir entre 6.000 et 8.000 milliards de pieds cubes de gaz.

Il n’a pas ouvertement évoqué les tensions survenues entre Nicosie et Ankara, mais a reconnu la “complexité de la situation géopolitique” et plaidé pour la recherche de solutions afin que ces ressources énergétiques soient exploitées.

De son côté, le ministre chypriote de l’Energie George Lakkotrypis a affirmé qu’en dépit de l’incident avec la Turquie, son pays demeurait déterminé à exploiter ses ressources énergétiques.

Le patron d’Eni, Claudio Descalzi, avait dit en février qu’il demeurait “serein” concernant la situation à Chypre, excluant que le groupe se retire de l’île méditerranéenne.

Le processus pour la réunification de l’île est en suspens depuis l’échec l’an dernier des dernières négociations parrainées par l’ONU.