Vladimir Motine, 59 ans, est jugé pour homicide involontaire par négligence grave, devant la cour criminelle de l’Old Bailey.
Il était le capitaine du Solong, un porte-conteneurs battant pavillon portugais qui a percuté en plein jour le pétrolier affrété par l’armée américaine Stena Immaculate, alors au mouillage à une vingtaine de kilomètres des côtes du nord-est de l’Angleterre.
La collision a provoqué de spectaculaires incendies sur les deux navires mais une marée noire a été évitée.
Un homme a trouvé la mort dans l’accident : un Philippin de 38 ans membre de l’équipage du Solong, Mark Pernia.
Ce procès porte sur « la mort entièrement évitable d’un marin », a commencé le procureur, Tom Little, dans l’exposé des faits. « Il serait encore en vie » si Vladimir Motine ne s’était pas conduit de manière « gravement négligente ».
Alors qu’il avait « l’obligation d’assurer sa sécurité », le capitaine a « causé la mort » de Mark Pernia, « un marin qualifié », a poursuivi Tom Little.
Ce Philippin travaillait à l’avant du porte-conteneurs lorsque le choc s’est produit. Son corps n’a jamais été retrouvé.
Vladimir Motine, originaire de Saint-Pétersbourg, est en détention provisoire depuis mars. Au cours d’une précédente audience, en mai, il avait plaidé non coupable d’homicide involontaire.
Il est resté silencieux et attentif, dans le box des accusés, pendant la lecture de l’exposé des faits par le représentant du parquet.
Le 10 mars au matin, peu avant 10H00, il était « le seul à veiller et n’a rien fait pour éviter la collision », a déclaré le représentant de l’accusation.
« Malgré une collision (qui paraissait) évidente », Vladimir Motine « n’a pas dévié son navire de sa trajectoire », face à « la catastrophe imminente qui l’attendait », a-t-il poursuivi. « Il aurait pu et dû agir différemment ».
Le juge Andrew Baker a appelé les jurés à faire abstraction de la nationalité des marins impliqués dans la collision.
Si Vladimir Motine est russe, il y avait de nombreux Philippins et Américains à bord des deux navires.
Le commerce maritime est « très international », a dit le juge, avant d’insister : la question des nationalités est « totalement hors de propos » dans ce procès.




