Les enquêteurs retracent les manoeuvres du navire pour déterminer s’il a intentionnellement endommagé ce câble sous-marin.
Les gardes-côtes finlandais ont saisi le 31 décembre le Fitburg, un cargo battant pavillon de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, parti de Saint-Pétersbourg, en Russie, pour Haïfa, en Israël.
Le bateau est soupçonné d’être responsable des dégâts causés à un câble sous-marin, qui appartient au groupe finlandais de télécoms Elisa et se situait dans la zone économique exclusive estonienne.
« Sur la base des examens effectués jusqu’à présent, il y a lieu de soupçonner que l’ancre et la chaîne d’ancrage du navire Fitburg ont traîné sur le fond marin sur au moins plusieurs dizaines de kilomètres avant d’atteindre le point où le câble de télécommunications appartenant à Elisa a été endommagé », ajoute la police.
Lors du procès à l’automne d’un navire de la flotte fantôme russe ayant endommagé des câbles fin 2024, les procureurs finlandais avaient estimé que l’équipage avait intentionnellement laissé traîner l’ancre sur 90 kilomètres. Le tribunal s’était finalement déclaré incompétent pour juger cette affaire.
Dans l’affaire du Fitburg, un membre d’équipage de nationalité azerbaïdjanaise a par ailleurs été placé en détention pour une semaine par un tribunal d’Helsinki à la demande de la police, a indiqué le responsable de l’enquête, Kimmo Huhta-aho, à des journalistes à l’issue de l’audience.
Un autre membre, de nationalité russe, est lui visé par une interdiction de se déplacer, portant à trois le nombre de marins qui doivent rester en Finlande.L’équipage du navire était composé de quatorze membres originaires de Russie, de Géorgie, d’Azerbaïdjan et du Kazakhstan.
La police finlandaise a ouvert une enquête pour « dommages criminels aggravés, tentative de dommages criminels aggravés et entrave aggravée aux télécommunications ».
Ces dernières années, des infrastructures énergétiques et de communication, dont des câbles et pipelines sous-marins, ont été endommagées en mer Baltique.
Depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en février 2022, de nombreux experts et responsables politiques considèrent le sabotage présumé de câbles comme un élément de la « guerre hybride » menée par la Russie contre les pays occidentaux.




