« Tout est assez inquiétant », a dit à l’AFP Aaja Chemnitz. « On doit être prêt pour tous les scénarios, que ce soit la rupture d’un câble de communication ou les menaces de Trump, le peuple groenlandais doit se préparer ».
Dimanche soir, le président américain a, à nouveau, déclaré avoir « besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale et le Danemark ne sera pas en mesure de s’en occuper ».
« Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois, (…) parlons du Groenland dans 20 jours », a-t-il ajouté devant des journalistes à bord d’Air Force One.
Donald Trump s’est plaint que des navires russes et chinois soient « partout » le long des côtes du Groenland.
« Il répand des mensonges sur la présence de ces navires. C’est très inquiétant », a souligné Mme Chemnitz.
Tout comme son homologue groenlandais Jens Frederik Nielssen, la Première ministre danoise Mette Frederiksen s’est élevée avec fermeté contre les récentes déclarations du président américain, qui manifeste le souhait d’acquérir le Groenland depuis plus d’un an, après des premières velléités d’annexion exprimées au cours de son premier mandat en 2019.
« Je demande instamment aux Etats-Unis de mettre fin à leurs menaces contre un allié historique et contre un territoire et un peuple qui ont clairement fait savoir qu’ils n’étaient pas à vendre », a-t-elle dit dans un communiqué.
« Il est tout à fait absurde de dire que les États-Unis devraient prendre le contrôle du Groenland », a-t-elle ajouté.
Pour Mme Chemnitz, « il faut prendre les déclarations de Trump plus sérieusement qu’on ne l’a fait auparavant, plus sérieusement qu’il y a un an ».
« Il persiste dans ces déclarations, c’est important qu’on tienne bon aussi (…) et qu’on ait des alliés », a-t-elle dit.
Les dirigeants européens se rangeaient lundi derrière le Danemark et le Groenland.
L’Union européenne attend de ses partenaires qu’ils respectent les principes de la souveraineté et de l’intégrité d’un territoire, a pour sa part affirmé la Commission.
Immense île peuplée de 57.000 habitants, le Groenland dispose d’importantes ressources minières, majoritairement non exploitées, et est considéré comme un emplacement stratégique. Les Etats-Unis y ont déjà une base militaire et en administraient une dizaine pendant la Guerre froide.




