L’Etat organise le rapatriement des marins d’un cargo immobilisé à Brest

Les huit marins, dont les contrats se terminaient le 29 mars, n’ont pas perçu leur salaire de mars et n’ont plus de livraison de nourriture, auparavant assurée par l’armateur, depuis le 2 avril, explique dans un communiqué la préfecture.

Depuis, ce sont les acteurs du port de Brest qui subviennent aux besoins des marins, “sous la coordination des services de l’État”, précise-t-on de même source. Les procédures de rapatriement ont été déclenchées via l’Office français de l’intégration et de l’immigration (OFII).

“Les marins pourront ainsi regagner leur foyer dans les premiers jours de mai”, selon la préfecture.

Mais pour la CGT, il s’agit “d’une forme d’expulsion du territoire” des marins. Elle réclame qu’ils soient rapatriés le plus rapidement possible, mais pas par une procédure de reconduite à la frontière, et avec la totalité des salaires qui leur sont dus, soit 151.800 dollars, a expliqué à l’AFP Jean-Paul Hellequin, secrétaire adjoint de la CGT des marins du Grand ouest.

“Les délinquants ce n’est pas eux, ce sont ceux qui ne les payent pas”, a-t-il affirmé, exigeant que soit activé le fonds de solidarité prévu en ces circonstances afin de payer les arriérés de salaire des marins.

Le Karl, petit cargo frigorifique de 76 m, est immobilisé au port de Brest depuis le 24 février avec ses marins originaires du Honduras, du Guatemala et de Roumanie.

La société américaine Reliable Cargo Shipping souhaitait acquérir le Karl et a versé à son propriétaire, la fondation suédoise Overseas association, un acompte de 360.000 euros.

La société américaine, à laquelle la fondation refusait de livrer le navire, a obtenu sa saisie conservatoire.

Trois autres marins, dont le capitaine, ont déjà été rapatriés par l’armateur.

Le Karl, construit en 1974 et battant pavillon du petit archipel caraïbe Saint-Kitts-et-Nevis, devait livrer des semences de pommes de terre en Algérie.

OCÉAN D'HISTOIRES

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