« Actuellement, nous travaillons sur les prochaines étapes afin de nous assurer que, collectivement, nous protégeons bien ce qui est en jeu », a déclaré M. Rutte, au cours d’une conférence de presse à Zagreb, aux côtés du Premier ministre croate Andrej Plenkovic.
Depuis l’an dernier, a-t-il rappelé, les 32 pays de l’Alliance dont les sept situés dans la région arctique, y compris les Etats-Unis et le Danemark, discutent de la meilleure façon de « garantir que l’Arctique reste sûr », face aux menaces russe et chinoise dans le Grand Nord.
Les Etats membres de l’Otan en ont parlé la semaine dernière à Bruxelles. Plusieurs pistes ont été évoquées, comme le renforcement du nombre des navires dans l’Arctique, mais rien de concret n’a été décidé.
Un certain nombre de pays européens, dont la France, l’Allemagne et la Pologne, discutent de la meilleure manière de répondre aux Etats-Unis de façon « convaincante et percutante », avait dit la semaine dernière le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.
Ces discussions n’ont pour l’instant pas découragé le président américain. Ce dernier a réaffirmé dimanche que les Etats-Unis s’empareraient du Groenland « d’une manière ou d’une autre, car si nous ne le faisons pas, la Russie ou la Chine le feront ».
« Tous les alliés s’accordent sur l’importance de l’Arctique et de la sécurité dans l’Arctique car nous savons qu’avec l’ouverture des voies maritimes il existe un risque que les Russes et les Chinois soient plus actifs », a souligné lundi M. Rutte.
Donald Trump a précisé que, pour Washington, il ne s’agissait pas d’une « location » à court terme du Groenland mais uniquement de l’acquisition de ce territoire. « On a besoin d’un titre de propriété », a-t-il martelé.
Cette perspective signerait l’arrêt de mort de l’Alliance atlantique, a averti début janvier la Première ministre danoise Mette Frederiksen. Les membres européens de l’Otan cherchent depuis le moyen de convaincre le président américain de renoncer à s’emparer du Groenland.
Cette immense île arctique peuplée de 57.000 habitants dispose d’importantes ressources minières, en majorité non exploitées, et est considérée comme un emplacement stratégique. Les Etats-Unis y ont déjà une base militaire et en administraient une dizaine pendant la Guerre froide.
Et, selon M.Rutte, « les Danois n’auraient aucun problème » si les États-Unis venaient à avoir « une présence plus importante qu’actuellement ».




