Les Gardiens de la Révolution iraniens promettent de garder le détroit d’Ormuz fermé, après une demande en ce sens de leur nouveau chef, qui a succédé à son père Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre.
Le blocage de ce passage stratégique et les frappes sur les infrastructures pétrolières du Golfe ont contraint les pays de la région à réduire leur production de brut, faisant croître les craintes sur l’approvisionnement.
Mercredi, l’annonce d’un recours aux stocks stratégiques pour tenter d’enrayer la flambée des cours avait été jugée insuffisante par le marché.
Vers 15H25 GMT (16H25 à Paris), le baril de Brent, grimpait de 10,05% à 101,22 dollars, après avoir déjà franchi les 100 dollars plus tôt dans la séance. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, gagnait 10,82% à 96,69 dollars.
– Le pétrole pris pour cible –
En représailles aux frappes israélo-américaines, Téhéran cible le passage de marchandises via le détroit d’Ormuz, par où transite habituellement 20% de la production mondiale de pétrole.
Ces attaques engendrent « d’importantes réductions d’offre » de pétrole en particulier venu d’Irak, du Qatar, du Koweït, des Émirats arabes unis et d’Arabie saoudite, a souligné mercredi l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Faute de pouvoir exporter leur production, et en raison de capacités de stockage limitées, ces pays et leurs voisins sont contraints de réduire les volumes qu’ils extraient.
Dans le même temps, les dégâts liés aux frappes sur les infrastructures pétrolières s’accumulent dans la région. Bahreïn a encore dénoncé dans la nuit une attaque iranienne contre des réservoirs d’hydrocarbures.
A Oman, des réservoirs de carburant du port de Salalah étaient en feu mercredi après une attaque de drone. L’Arabie saoudite a elle annoncé une nouvelle attaque de drone contre le champ pétrolier de Shaybah, dans l’est du pays, déjà visé à plusieurs reprises ces derniers jours.
– Pas de fin en vue –
Avec sa volonté de faire flamber les prix de l’énergie, Téhéran entend faire pression sur la Maison Blanche à l’approche des élections de mi-mandat en novembre aux Etats-Unis.
Bien que Donald Trump ait affirmé pour la deuxième fois cette semaine que la guerre pourrait se terminer « bientôt », les récentes déclarations du nouveau guide suprême confortent la volontée déjà exprimée par l’Iran d’une guerre longue.
L’armée israélienne a d’ailleurs pris le contre-pied de son allié américain, assurant disposer encore « d’un vaste réservoir de cibles » en Iran.
– Réserves stratégiques insuffisantes –
En début de semaine, l’anticipation de la libération par l’AIE de 400 millions de barils issus des réserves de ses pays membres –finalement annoncée mercredi– avait permis de soulager les cours, à un moment où le Brent, la référence internationale, flirtait avec les 120 dollars.
Le volume débloqué par les 32 pays membres est « le plus important » de l’histoire de l’AIE, selon l’institution internationale. A eux seuls, les Etats-Unis, plus gros consommateurs et producteurs d’or noir, vont apporter progressivement pendant 120 jours 172 millions de barils, soit 40% de leurs réserves.
Les Etats-Unis devraient donc libérer environ 1,4 million de barils par jour, et « si l’on suppose un calendrier similaire pour les autres pays, on arrive à 3,3 millions de barils par jour », soulignent les analystes d’ING.
Mais cela reste une « goutte d’eau dans l’océan », juge Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
Les pays du Golfe, réduisent actuellement leur production pétrolière d’au moins 10 millions de barils par jour, en raison du blocage du détroit d’Ormuz, soit « la plus importante perturbation » de l’approvisionnement en or noir de l’histoire, a indiqué jeudi l’AIE dans un rapport.
pml-lul/zap/rl




