Jeudi dernier, les élus dissidents avaient déjà annoncé leur démission du parti indépendantiste, qui détenait jusqu’alors une majorité confortable à l’Assemblée locale constituée de 57 représentants.
Avec leur départ et la constitution d’un nouveau groupe, nommé A Fano Ti’a (Gardons le cap, en tahitien), le gouvernement ne détient plus la majorité absolue.
Les élus démissionnaires, à tendance modérée, sont proches du président de la Polynésie française, Moetai Brotherson, élu en 2023.
Ils reprochent à leur ancien parti, le Tavini, sa « radicalité, sa rigidité, son extrémisme », pointe Tematai Le Gayic, qui préside à 25 ans ce nouveau groupe politique.
Le jeune ex-député avait entériné la scission en démissionnant du Tavini au lendemain des municipales. Candidat à Papeete, il n’avait pas été soutenu par le parti et avait perdu au second tour tout en devançant largement le candidat officiel du Tavini.
Il fait partie des dissidents, tout comme l’autre ex-député Steve Chailloux, mais aussi des figures du parti comme Thilda Harehoe ou Pauline Niva.
La ligne dure du Tavini est incarnée par son président-fondateur Oscar Temaru (81 ans) et par son vice-président Antony Géros, également président de l’Assemblée de la Polynésie française. Ils souhaitent une souveraineté rapide, tandis que le président polynésien appelle se donner le temps de la préparer.
Les élus démissionnaires leur reprochent aussi des prises de position controversées: le parti s’est ainsi rapproché de l’Azerbaïdjan, connu pour déstabiliser les collectivités françaises d’outre-mer.
Oscar Temaru a aussi milité pour l’exploitation des ressources minières sous-marines alors que Moetai Brotherson y est opposé pour des raisons écologiques.
M. Temaru en outre suggéré que l’indépendance pourrait passer par d’autres voies que par un référendum.
« Pour nous, c’est une ligne rouge », a déclaré Steve Chailloux, tout en prévenant qu' »une déclaration unilatérale d’indépendance conduirait à la violence ».
Les élus du groupe A Fano Ti’a ont annoncé que Moetai Brotherson lirait jeudi, lors d’une séance à l’Assemblée, un « manifeste », qui constituera la base d’un nouveau mouvement politique.
Le Tavini d’Oscar Temaru n’avait pas réagi mercredi.




