La marine française a « fait face à une particulière mauvaise volonté du capitaine », a pointé le substitut du procureur Gabriel Rollin, en réclamant un mandat d’arrêt à l’encontre du commandant chinois Chen Zhangjie, 39 ans, actuellement en mer.
Le 27 septembre 2025, les militaires demandent à monter à bord pour contrôler le pavillon du navire. Le Boracay, qui a changé de nombreuses fois de nom et de pavillon, est alors suspecté d’être impliqué dans les survols de drones qui ont perturbé le trafic aérien danois en septembre – un volet dont la justice n’est pas saisie.
Membre de la flotte fantôme russe, utilisée par Moscou pour contourner les sanctions occidentales contre ses ventes de pétrole, il navigue alors au large de la France, avec une cargaison de pétrolier russe à destination de l’Inde et sans pavillon visible.
« Il pleuvait et on ne met pas de pavillon quand il pleut », expliquera M. Chen, lors de sa garde à vue.
L’équipage finit par hisser le drapeau du Bénin. Mais les autorités de Cotonou ont déjà confirmé à la France qu’aucun pétrolier n’est immatriculé dans leur pays.
Contacté à de nombreuses reprises par la marine française, le commandant du Boracay affirme attendre l’autorisation de son armateur pour les laisser monter à bord. Finalement, les commandos marine arraisonnent le navire, sans rencontrer d’opposition de l’équipage.
À son bord, 26 personnes, dont deux agents de sécurité russes. « Je ne sais pas ce qu’ils font sur le bateau », affirme le commandant en garde à vue.
Chargés de surveiller l’équipage et de collecter du renseignement, ces deux hommes, dont un ancien policier passé par la sulfureuse société Wagner, étaient employés par le groupe de sécurité privée russe Moran Security Group, a appris lundi l’AFP de deux sources françaises ayant connaissance du dossier.
Le Boracay, qui bat désormais pavillon russe, mouillait lundi près du port de Rizhao, dans le nord-est de la Chine, selon le site Marine Traffic.
Le tribunal correctionnel de Brest, dans l’ouest de la France a mis sa décision en délibéré au 30 mars.




