Tirant les leçons de la guerre en Ukraine, il faut « raccourcir la boucle entre la détection d’un besoin opérationnel et la livraison d’une capacité », a enjoint jeudi la ministre lors d’un déplacement sur un site de la DGA à Toulon, selon le texte de son discours consulté vendredi par l’AFP.
« La guerre se transforme et impose une adaptation et une accélération permanente. Elle nous intime de faire notre propre révolution dans la manière d’anticiper le besoin opérationnel, dans la manière de concevoir, d’acquérir, de produire et de maintenir. C’est une révolution technique, c’est une révolution d’organisation et c’est avant tout une révolution des mentalités », a-t-elle expliqué en dressant sa feuille de route pour la DGA.
« Cela signifie évidemment une logique d’essais, d’expérimentations, d’itérations, sans attendre la perfection théorique pour livrer une capacité utile », a-t-elle estimé.
Créée en 1961 quand il fallait bâtir la dissuasion nucléaire française, la DGA gère des programmes d’armement qui s’étendent sur des années. La rapidité des innovations technologiques ou de leur usage, comme par exemple les milliers de petits drones civils utilisés dans le conflit en Ukraine, impose de repenser son modèle.
Si elle doit continuer à planifier des programmes de long terme, comme celui du futur porte-avions, la DGA doit aussi pouvoir « prototyper rapidement lorsque la situation l’exige » ou « passer de quelques unités à une montée en série dans des délais qui ne se comptent plus en années, (mais) en semaines », a souhaité Mme Vautrin.
Prenant l’exemple de la société Harmattan AI, créée au printemps 2004 et qui en six mois a pu fournir 1.000 drones pour l’exercice militaire Orion qui va débuter, elle a estimé que « cette réactivité doit être notre nouvelle norme ».
Face aux industriels, la DGA doit aussi « imposer des architectures ouvertes », notamment numériques, pour pouvoir faire évoluer sans entraves les matériels livrés.
« La capacité pour l’Etat de rester maître des architectures » est selon elle un « élément essentiel » à la souveraineté.
Premier investisseur de l’Etat avec 38 milliards d’euros de commandes en 2025, la DGA emploie 10.500 personnes.
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