En temps de paix, environ un cinquième du pétrole brut et du GNL mondiaux transite par le détroit d’Ormuz.
Mais les attaques iraniennes contre des navires près du détroit d’Ormuz, en représailles à des frappes américano-israéliennes lancées le 28 février, ont quasiment paralysé le trafic.
Cette quasi-fermeture du détroit, artère stratégique du commerce mondial de matières premières, a déclenché une envolée des prix mondiaux du pétrole et du gaz.
Depuis le début de la guerre, les rares navires franchissant ce passage stratégique ont surtout emprunté une route approuvée par l’Iran, passant dans ses eaux territoriales près de l’île de Larak, baptisée le « péage de Téhéran » par la société de données maritime Lloyd’s List Intelligence.
Mais jeudi matin, deux superpétroliers chargés, le Habrut et le Dhalkut, et un méthanier vide, le Sohar LNG, ont franchi le détroit au sud, selon le fournisseur de données maritimes Kpler. Ces navires sont les premiers « depuis près de trois semaines » dont les signaux suggèrent qu’ils « n’empruntent pas le corridor iranien » lors de la traversée, d’après Lloyd’s List.
Le Sohar LNG est, à ce jour, le seul méthanier à avoir franchi le détroit depuis le 1er mars.
Les trois navires revendiquaient être des bateaux omanais (« OMANI SHIP ») dans le message diffusé par leur transpondeur lors du franchissement du détroit.
Le navire Sohar LNG est codétenu par l’armateur japonais Mitsui OSK, selon des médias japonais citant un communiqué de l’entreprise publié vendredi. Cela en fait le premier navire japonais à être sorti du Golfe depuis le début de la guerre, selon ces informations.
Le méthanier, qui se trouvait dans le Golfe depuis le 25 février, était vide lorsqu’il a franchi le détroit.
Les trois navires semblent avoir suivi une route longeant les côtes omanaises et sont actuellement à l’arrêt au large de Mascate, d’après leurs signaux.
Des navires de transport de matières premières ont effectué 240 traversées du détroit d’Ormuz depuis le 1er mars, selon les données de Kpler arrêtées à vendredi matin, soit une baisse de 94% par rapport à avant la guerre.
Parmi ces traversées, 151 concernaient des pétroliers et navires de transport de gaz liquéfié, la plupart sortant du détroit d’ouest en est.
L’Iran a annoncé jeudi travailler à un « protocole » avec Oman pour assurer « en temps de paix » la sécurité de navigation dans le détroit d’Ormuz.
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