Ce détenu, âgé de 20 ans, a été retrouvé avec une veine entaillée, ce qui fait penser à un suicide, a indiqué le secrétaire départemental du syndicat FO justice, Houmadi Mouhamadi.
C’est lors d’une ronde tôt dans la matinée que des surveillants ont été interpellés par des traces de « sang sortant de sa cellule, où il était emprisonné individuellement », a précisé ce responsable syndical.
Le parquet n’a pas confirmé l’hypothèse du suicide mais a annoncé l’ouverture d’une enquête en recherche des causes de la mort, qui a été confiée à la gendarmerie. Une autopsie doit être réalisée la semaine prochaine, a ajouté cette source.
L’unique prison de Mayotte, initialement prévue pour 278 détenus, en compte environ 630 actuellement, ce qui rend les conditions de vie et de travail particulièrement difficiles.
Les soins psychiatriques prodigués y sont très insuffisants, selon le responsable de FO Justice. « Un surveillant doit faire infirmier, psychiatre, médecin… Il fait tout, mais on n’est pas formés pour ça », a déploré Houmadi Mouhamadi.
A la suite d’une visite effectuée en 2023 à Majicavo, un rapport du Contrôleur général des lieux de privation de liberté y avait dépeint des « possibilités de consultations psychiatriques pratiquement nulles, le psychiatre n’intervenant que deux ou trois demi-journées par mois ». Les hospitalisations en psychiatrie y étaient jugées « inexistantes ».
En France, 141 personnes se sont suicidées en prison en 2024 selon l’administration pénitentiaire, soit un suicide tous les deux jours et demi environ.
Selon Santé publique France, le taux de suicide en prison est 10 fois plus élevé chez les hommes et 40 fois plus élevé chez les femmes par rapport à la population générale.




