Un militant de Greenpeace dénonce ses conditions de détention en Russie

« La solitude me pèse et je suis cafardeux », confie Marco Weber dans une lettre publiée par les hebdomadaires suisses SonntagsZeitung et Le Matin Dimanche.

M. Weber souligne néanmoins qu’il ne regrette pas d’avoir participé à l’action du mouvement écologiste.

Le 18 septembre, l’équipage du navire Arctic Sunrise avait abordé une plateforme du géant russe du pétrole Gazprom pour tenter d’y déployer une banderole dénonçant les risques écologiques de l’extraction du pétrole dans l’Arctique.

« J’ai suivi ma conviction la plus profonde et mes valeurs en agissant ainsi et, donc, je ne regrette rien. Je suis persuadé d’avoir bien agi », assure-t-il.

« Parfois, il faut mettre les choses en branle. Je suis persuadé qu’un engagement commun et pacifique de nombreux individus courageux et soucieux des conséquences de l’exploitation de l’Artique pourra protéger cette région sensible », ajoute-t-il.

M. Weber, 28 ans, qui est membre de la section suisse d’escalade de Greenpeace, a également indiqué qu’il était à l’isolement depuis 24 jours.

« La situation est difficile à supporter… Les journées sont longues », écrit-il dans cette lettre écrite avant la réduction des charges contre les militants, désormais accusés de « hooliganisme » et non plus de « piraterie » comme auparavant.

« Les conditions de promenade quotidienne sont dégradantes et dévalorisantes. Je déambule seul dans un espace fermé de 4 mètres sur 5. Le sol et les murs sont en béton, aucune fenêtre, pas de lumière naturelle. Une grille épaisse verrouille le plafond, des gardes patrouillent au-dessus. La pièce est sale et humide », selon son témoignage.

Il affirme qu’il est obligé de porter sa veste d’hiver pour ne pas geler.

« Je suis depuis un mois en prison et je n’ai reçu aucun nouvelle — pas de journaux, ni radio ou télévision », écrit-il. Ses seuls contacts avec le monde extérieur se limitent aux visites que lui rend le consul suisse, selon son récit.

Les militants sont en détention dans l’attente de leur procès jusqu’au 24 novembre dans la région de Mourmansk, dans le nord de la Russie.

Le hooliganisme est punissable de sept ans de prison maximum dans un camp de travail selon le code pénal russe.

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