Camions bloqués en Grande-Bretagne: les mareyeurs de Boulogne-sur-Mer au ralenti en pleine période de fêtes

Ce mardi matin, la radio résonne dans les ateliers de JP Marée. Entre les bruits de couteaux aiguisés et de jets d’eau à haute pression pour nettoyer leur poste de travail, les salariés tendent l’oreille pour écouter le journal d’informations locales. A la Une : le port de Boulogne touché par les dernières mesures anti-coronavirus.

Dimanche, la France a interdit pour 48 heures les flux de personnes en provenance du Royaume-Uni, après la découverte d’une nouvelle souche de la Covid-19. Conséquence : les approvisionnements pour les entreprises du port de Boulogne-sur-Mer sont perturbés.

« Ici, c’est l’endroit où arrivent les camions, explique le contremaître Jonathan Grandsire. Ceux de samedi sont arrivés, mais on attend encore ceux de lundi ». En cause: la congestion du trafic dans le sud-est de l’Angleterre, empêchant les poids lourds de rallier le port de Douvres où ils pourraient charger les remorques sans chauffeur sur les ferries.

– Travail en « flux hyper-tendu » –

Malgré la situation, la cinquantaine de salariés de l’entreprise est au travail. Debout depuis 4H00 du matin, les mains habiles du port de Boulogne mettent en filet merlans, maquereaux et saumons.

« Mais l’activité est ralentie », regrette M. Grandsire. Dans les caisses réfrigérées, pas de langoustines, de crevettes, de lottes ou de pinces de crabes, les produits traditionnellement importés de Grande-Bretagne pour la période des fêtes.

« Les annonces du gouvernement vers le 15 décembre ont décidé les gens à faire Noël. On a déjà eu beaucoup de mal à se retourner et à organiser le travail auprès des fournisseurs », détaille Stéphane Pruvost, dirigeant de la société.

« Les produits sont frais et on n’a pas d’autre solution que de concentrer notre travail sur les trois à quatre derniers jours avant Noël. On travaille sur un flux hyper-tendu. Alors quand vous apprenez le dimanche soir que vous n’allez pas recevoir la marchandise pour toutes ces pré-commandes, forcément il faut annuler », explique-t-il.

Au total, il estime que 40 tonnes de produits destinés à son entreprise sont coincées de l’autre côté de la Manche. Au téléphone, les clients de l’entreprise, en majorité des grossistes et des poissonniers, prennent la nouvelle de plein fouet.

– « Marchandise perdue » –

« Ceux qui sont au fait des annonces comprennent et s’adaptent. Mais pour ceux à l’autre bout de la France, qui ne sont pas forcément au courant, c’est un peu plus compliqué », concède M. Pruvost. La période de fêtes représente, pour les professionnels, le plus gros mois de l’année en termes de chiffre d’affaires.

Lundi, une réunion d’urgence s’est tenue en sous-préfecture de Boulogne-sur-Mer, pour tenter de trouver une solution. « On a les moyens techniques de charger les remorques sans chauffeur sur les ferries », notait la sous-préfète Dominique Consille, assurant que des négociations étaient « en cours pour que les Britanniques acceptent de discriminer les poids lourds transportant des produits de la mer pour leur permettre d’accéder au port de Douvres et de charger les remorques sur les ferries ».

Une solution qui laisse Stéphane Pruvost sceptique. Selon lui, même si les remorques parvenaient à passer la Manche dans la journée, la situation resterait délicate : « il n’y aura pas de départs de produits le 24 décembre, car il n’y a pas de livraison le 25. Donc, même si la marchandise arrivait ce soir, c’est fichu. Sans parler du taux de mortalité des produits vivants, qu’on ne pourra utiliser. C’est de la marchandise qui sera perdue ».

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