Déficit alimentaire: Cuba mise aussi sur la pisciculture

« Le Cubain aime le porc, le poulet et d’autres viandes s’il peut, mais il rejette naturellement le poisson », explique Eduardo Diaz, qui dirige la Compagnie de technologies de pisciculture, dépendant du ministère de l’Industrie alimentaire, à El Cotorro, à une quinzaine de kilomètres au sud de La Havane.

Depuis une dizaine d’années, l’entreprise a réussi à reproduire avec succès deux espèces exotiques, le tilapia rouge (oreochromis mossambicus) et surtout le poison-chat africain (clarias gariepinus), localement connu sous le nom de claria.

« Sans vouloir m’avancer trop sur les chiffres, je dirais que la production de pisciculture est plus importante que la pêche en mer », explique à l’AFP le directeur de l’entreprise.

Et de fait, les deux secteurs sont au coude à coude : la pisciculture produit 24.000 à 25.000 tonnes de poisson par an, tandis que la pêche en mer a atteint 24.500 tonnes en 2011, selon les statistiques officielles.

Au début des années 80, la flotte de pêche cubaine était la plus importante d’Amérique latine et régnait sur trois océans. L’adhésion à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer en 1982 a limité sa zone d’activités.

Mais l’estocade est venue, comme pour toute l’économie cubaine, dix ans plus tard avec l’effondrement du bloc soviétique, principal partenaire commercial de Cuba.

Aujourd’hui, Cuba importe 80% des aliments qu’elle consomme. Pour un coût de l’ordre de 1,6 milliard de dollars, prohibitif pour le budget national.

Depuis 50 ans, tous les Cubains possèdent un « carnet d’approvisionnement » qui leur permet d’acheter des produits de base à des prix subventionnés par l’Etat. Mais si le poisson figure dans cette « libreta », sa rareté sur le marché a fait entrer dans le langage commun l’expression « poulet pour poisson » (« pollo por pescado ») pour exprimer la frustration de devoir acheter un produit de seconde qualité.

Hors « libreta », le poisson peut également parfois se trouver dans certains supermarchés, mais à des prix très supérieurs et payables en devises, souvent inaccessible pour un salaire mensuel moyen de 20 dollars.

« Pour subvenir aux besoins du marché cubain, il faudrait multiplier la production de poissons d’eau douce par quatre, cinq ou six », selon Eduardo Diaz.

Mais la claria n’a pas que des amis. Avec sa réputation de prédateur, elle rebute beaucoup de Cubains en raison de son régime alimentaire.

« Les gens disent qu’elle mange de tout, et c’est pour cela qu’ils la rejettent, mais c’est juste une mauvaise réputation », assure Natalia Diaz, ingénieur industriel, qui confesse pourtant qu’elle-même n’a jamais cuisiné de claria.

Interrogée par l’AFP, Agnes Becerra, la présentatrice du journal du soir de la télévision cubaine, ne tarit pas d’éloge sur la claria : « C’est délicieux et mon fils l’adore. Certains disent qu’elle a mauvais goût, mais la plupart d’entre eux ne l’ont jamais goûtée ».

Le directeur de l’entreprise admet que la claria a bien des détracteurs. Mais pour lui, le problème principal c’est que les Cubains ne mangent pas assez de poisson. Et encore moins d’eau douce.

« Même pour la semaine sainte, ils ne mangent pas de poisson comme on le fait au Mexique par exemple », regrette-t-il.

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