Dans la nuit du 3 au 4 avril, « une vaste opération de police judiciaire a été déclenchée dans les départements du Calvados et de la Seine-Maritime sous l’autorité d’une juge d’instruction de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Rennes pour interpeller en flagrant délit les auteurs d’une importation de produits stupéfiants (cocaïne) par +drop-off+ », a détaillé Frédéric Teillet dans un communiqué.
Le « drop-off » consiste à larguer des ballots de drogue en haute mer, qui sont récupérés ensuite par des petits bateaux de pêche. Ce mode opératoire est « caractéristique des groupes criminels organisés les plus aguerris », selon le magistrat.
Au cours de cette opération, qui a mobilisé une centaine de policiers, « 800 kg de cocaïne sont découverts à bord d’une embarcation », un cargo parti du Brésil et qui devait rejoindre Amsterdam, selon ce communiqué. Le cargo a été dérouté vers le port de Dunkerque et l’ensemble de l’équipage, 22 marins d’origine philippine, placé en garde à vue.
Parallèlement, huit personnes, six hommes dont trois marins-pêcheurs et deux femmes, ont été interpellées à Tancarville, le Havre et Ouistreham. Parmi ces personnes, nées entre 1976 et 1999, vivant dans le Calvados et en Seine-Maritime, se trouve « un ressortissant albanais », a précisé le procureur.
« Certains ont des casiers judiciaires liés à des infractions de pêche, d’autres des condamnations pour vols aggravés, violences ou trafic de produits stupéfiants », a-t-il ajouté.
« Les auditions en garde à vue se poursuivent auprès des services de police judiciaire », a fait savoir Frédéric Teillet, qui souligne que cette opération est le fruit d’investigations menées pendant 18 mois.
« Cette opération exceptionnelle est une première en France par le mode opératoire mis à jour et inédite par le déploiement des moyens de l’ensemble des forces de sécurité intérieures françaises », a fait valoir le procureur. Elle a permis de « matérialiser pour la première fois une importation massive de cocaïne via la technique du drop-off, qui ne se traduisait jusqu’alors que par des échouages massifs de marchandise perdue sur les plages ».