Cette « hausse considérable » des saisies de drogue dans le département ultramarin d’Amérique du Sud est notamment liée « à la création d’une cellule de ciblage au port il y a deux ans », a expliqué Richard Marie, le directeur régional des douanes, lors d’une conférence de presse.
Cette cellule est à l’origine d’une saisie record d’1,8 tonne de cocaïne en avril 2024 au port de Dégrad-des-Cannes. La dernière prise d’une telle ampleur remontait à 2020, avec 594 kg interceptés dans une voiture.
A l’aéroport Félix-Eboué, vecteur privilégié du trafic de stupéfiants depuis la Guyane avant la mise en place fin 2022 d’un dispositif 100% contrôle des passagers, les saisies sont en revanche « stables voire en baisse », a précisé la direction régionale des douanes.
Le dispositif empêche les passagers suspectés de transporter des stupéfiants d’embarquer via des interdictions administratives, afin de dissuader les « mules ».
Les trafiquants privilégient désormais les voies maritimes et le fret aérien: 303 kg de cocaïne ont été saisis dans des colis en avril 2024, ont précisé les douanes.
Cela « nous oblige à nous adapter », a indiqué en conférence de presse Aline Clérot, procureure de la République à Cayenne: « Ils demandent encore plus de coordination entre les forces de l’ordre et les parquets, notamment de Bobigny et de Créteil, avec qui je travaille quasi-quotidiennement ».
En parallèle, les moyens de contrôle vont être renforcés au Grand port maritime de Guyane, qui a vu transiter 565.000 tonnes de conteneurs en 2024. Les douanes seront dotées d’ici la fin de l’année d’un « scanner mobile basse intensité », ont annoncé les douanes vendredi.
A l’échelle nationale, les saisies sont aussi en forte hausse. Avec l’ensemble des services de police et gendarmerie mais aussi la marine, les autorités françaises ont saisi 53,5 tonnes de cocaïne en 2024, soit une augmentation de 130% comparé à 2023 (23 tonnes).