Le trimestre a été « marqué par un contexte géopolitique et tarifaire instable », avec « les négociations commerciales sur les droits de douane annoncées début avril par l’administration Trump qui ont engendré un phénomène exceptionnel de +stop and go+ pour la demande de services de transport et de logistiques », a résumé mardi Ramon Fernandez, le directeur financier du groupe, lors d’un point de presse.
Pour le deuxième semestre, CMA CGM « reste prudent » en raison des incertitudes géopolitiques et macroéconomiques, a-t-il ajouté.
« La croissance mondiale devrait en effet ralentir sur la deuxième partie de l’année alors que les livraisons de nouveaux navires devraient continuer de croître », selon le directeur financier. Mais « le groupe est bien positionné pour faire face à ces turbulences », grâce à « un bilan financier solide, sa diversification et ses efforts d’investissement », a-t-il relevé.
Au deuxième trimestre, le bénéfice net du groupe a décru de 21%, à 521 millions de dollars, pour un chiffre d’affaires stable à 13,17 milliards de dollars. Son excédent brut d’exploitation (Ebitda, un indicateur de rentabilité) a reculé de 7,9% à 2,28 milliards de dollars tandis que sa marge brute d’exploitation a baissé de 1,5 point à 17,3%.
– « Défis opérationnels » –
La seule activité maritime a affiché un chiffre d’affaires de 8,2 milliards de dollars au deuxième trimestre, en baisse de 1,5%.
Le groupe reste confronté aux « défis opérationnels » que sont la congestion des ports et les tensions en mer Rouge qui rallongent les routes maritimes et obligent les transporteurs à contourner l’Afrique, note M. Fernandez.
En volume, les navires du groupe ont transporté 5,97 millions d’EVP (équivalent vingt pieds) sur la période sous revue, stable par rapport à l’an dernier. Et ce « malgré la baisse des échanges entre la Chine et les Etats-Unis après le 2 avril », car « nous avons su tirer profit de notre présence sur tous les axes stratégiques afin de redéployer nos actifs », selon le responsable.
Interrogé sur l’impact des droits de douane (portés à 15% pour les exportations européennes aux Etats-Unis, sauf des exemptions, selon les annonces de dimanche), le directeur financier a estimé qu' »une hausse importante n'(était) pas bonne (…) pour l’économie, quel que soit d’ailleurs le côté où l’on se trouve ».
Car « la grande question va être, au cours des prochains trimestres, de voir quelle sera la réaction de l’économie américaine sur la demande, les impacts sur l’inflation, sur la consommation », a-t-il précisé.
– Les ports de Hutchison –
L’économie américaine « continue à être d’importation et de consommation là où d’autres sont avant tout des économies de production et d’exportation », relève-t-il. « Des caractéristiques structurelles fondamentales qui ne peuvent évoluer que très très progressivement ».
« Le reste du monde continue à croître, avec des politiques commerciales à ce stade inchangées et vous avez un très grand dynamisme constaté dans les échanges avec l’Amérique latine, le Moyen Orient, l’Asie du sud-est, qui ont fait plus que compenser les effets négatifs du commerce avec les Etats-Unis », a-t-il ajouté.
Quant aux négociations autour de la vente des activités portuaires du conglomérat hongkongais CK Hutchison, qui n’ont pas abouti pour le moment avec un consortium américain, CMA CGM suit cela « de très près », a indiqué M. Fernandez.
Et le groupe dirigé par Rodolphe Saadé « est naturellement intéressé à participer à une solution qui n’a pas encore été trouvée aujourd’hui ».
Le chiffre d’affaires de l’activité logistique a reculé de 3,7% à 4,61 milliards de dollars.
Enfin les autres activités (terminaux portuaires, fret aérien, médias etc.) totalisent 1,04 milliard de dollars de chiffre d’affaires, en hausse de 62,7% en raison notamment de l’intégration de l’opérateur portuaire Santos Brasil.
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