L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état dimanche de trois morts liées à ce présumé foyer d’infection à hantavirus, une maladie qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu, sur un navire de croisière dans l’Atlantique. Ce navire, le MV Hondius, reliait Ushuaïa, en Argentine, à l’archipel du Cap-Vert.
Le navire n’a pas été autorisé à accoster dans le port de la capitale cap-verdienne, Praia, a déclaré la présidente de l’Institut national de santé publique (INSP), Maria da Luz Lima, qui a ajouté que des équipes médicales sont venues à bord pour examiner les deux personnes infectées.
Dans un communiqué de presse, la direction nationale de la santé cap-verdienne a annoncé avoir demandé au Royaume-Uni et aux Pays-Bas l’envoi d’ambulances aériennes « dans les meilleurs délais » pour procéder à « l’évacuation des patients ».
Jake Rosmarin, un passager à bord du MV Hondius qui chroniquait sur les réseaux sociaux son voyage, a publié lundi sur Instagram un appel ému à rentrer chez lui: « Il y a beaucoup d’incertitude et c’est la partie la plus difficile. Tout ce que nous voulons maintenant, c’est nous sentir en sécurité, avoir des réponses claires et rentrer chez nous. »
Les îles de Las Palmas et de Tenerife, dans l’archipel espagnol des Canaries, sont « envisagées » pour débarquer les passagers, a indiqué le croisiériste néerlandais Oceanwide Expeditions dans un communiqué, précisant que « des mesures de précaution strictes » et d' »isolement » sont appliquées.
L’opérateur a expliqué qu’après un premier décès à bord le 11 avril, le corps du passager a été débarqué sur l’île de Sainte-Hélène (Royaume-Uni) le 24 avril, accompagné par son épouse. Celle-ci est ensuite tombée malade avant de décéder à son tour. Le couple est de nationalité néerlandaise.
Le 27 avril, un passager britannique est « tombé gravement malade et a été évacué médicalement vers l’Afrique du Sud », selon le croisiériste.
Un ressortissant allemand est ensuite décédé à bord du bateau le 2 mai, sans que la cause ait été établie, ajoute Oceanwide Expeditions.
« Deux membres d’équipage présentent actuellement des symptômes respiratoires aigus, légers pour l’un et sévères pour l’autre. Tout deux ont besoin de soins médicaux urgents », souligne le communiqué.
– « Faible risque » de propagation –
« Il n’y a aucune raison de céder à la panique ni d’imposer des restrictions de voyage », estime Hans Kluge, directeur de l’OMS Europe, soulignant que les infections à hantavirus sont rares, généralement liées à l’exposition à des rongeurs infectés, et ne se transmettent « pas facilement entre personnes ». L’OMS Europe collabore avec les pays concernés, a-t-il précisé.
Un photographe de l’AFP a pu voir lundi le MV Hondius mouiller au large du port de Praia, capitale de l’archipel ouest-africain situé au large du Sénégal.
Dans son premier communiqué sur la situation, Oceanwide Expeditions, spécialiste des expéditions polaires, avait confirmé « une situation médicale grave » à bord du MV Hondius. Il avait ensuite annoncé les trois décès.
« Les autorités néerlandaises ont accepté de coordonner une opération conjointe visant à organiser le rapatriement des deux personnes présentant des symptômes à bord du MV Hondius, du Cap-Vert vers les Pays-Bas », a dit Oceanwide Expeditions.
Un tel rapatriement dépend de plusieurs facteurs, notamment l’autorisation des autorités du Cap-Vert, selon l’opérateur.
Le ministère néerlandais des Affaires étrangères a confirmé dans un communiqué qu’il « étudiait actuellement les possibilités d’évacuer médicalement quelques personnes du navire » et que « si cela s’avère possible », il « se chargera de la coordination ».
L’hantavirus, maladie généralement transmise à l’homme par les rongeurs, a été confirmé chez le passager actuellement en soins intensifs à Johannesburg, en Afrique du Sud, a précisé Oceanwide Expeditions.
Il n’est toutefois pas encore établi si le virus est à l’origine des trois décès, selon le croisiériste. Et aucun autre cas d’hantavirus n’a été officiellement confirmé pour le moment.
« La cause exacte et tout lien éventuel font l’objet d’une enquête », a déclaré l’entreprise.
L’OMS, dans ses premières communications dimanche, avait indiqué qu’un cas d’infection par l’hantavirus avait été confirmé et qu’il y avait « cinq autres cas suspects ».
« Bien que rare, l’hantavirus peut se transmettre d’une personne à l’autre et entraîner des maladies respiratoires graves. Il nécessite une surveillance attentive des patients, un soutien et une prise en charge appropriés », avait prévenu l’organisation.
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