Hantavirus sur un navire de croisière: ce que l’on sait

Genève, 5 mai 2026 (AFP) – De nombreuses zones d’ombre subsistent autour des circonstances du foyer d’hantavirus à bord du navire immobilisé en face du port de la capitale cap-verdienne, dans l’Atlantique, qui a entraîné trois décès.

Si plusieurs cas ont été identifiés parmi les passagers et l’équipage, l’origine exacte de la contamination et les conditions de sa propagation restent à ce stade incertaines, tout comme l’ampleur réelle de l’épisode.

Voici ce que l’on sait sur le foyer d’infection à hantavirus survenu lors d’une croisière d’expédition à bord du navire de 107 mètres battant pavillon néerlandais, le MV Hondius, qui reliait Ushuaïa, en Argentine, à l’archipel du Cap-Vert.

– Qui sont les victimes ? –

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état de trois morts, un couple de Néerlandais et une Allemande.

C’est un passager néerlandais de 70 ans qui a le premier présenté des symptômes (fièvre, maux de tête et légère diarrhée), le 6 avril, selon l’OMS. Il est décédé le 11 avril à bord du navire. Aucun test microbiologique n’avait alors été effectué sur cet homme.

Le 24 avril, son corps a été débarqué à Sainte-Hélène (Royaume-Uni), avec son épouse, une Néerlandaise de 69 ans. Cette dernière, après avoir à son tour présenté des symptômes, a embarqué le 25 avril par avion pour Johannesburg où elle a été hospitalisée avant son décès le lendemain. Son infection à l’hantavirus a été confirmée le 4 mai.

L’OMS cherche à retrouver les passagers du vol Sainte-Hélène/Johannesburg emprunté par cette Néerlandaise. Selon l’OMS, le couple avait voyagé en Amérique du Sud, notamment en Argentine, avant le 1er avril.

Le 2 mai, une ressortissante allemande décède à bord, après des premiers symptômes (fièvre et malaise général) le 28 avril.

– Qui sont les malades ? –

L’hantavirus a été confirmé la première fois, au cours de cette expédition, chez un passager britannique de 69 ans. Il avait consulté le médecin de bord le 24 avril, avant d’être débarqué le 27 avril sur l’Île de l’Ascension (Royaume-Uni) et transféré à Johannesburg. Il se trouvait lundi « dans un état critique mais stable », selon Oceanwide Expeditions.

Trois cas suspects, dont deux membres d’équipage britannique et néerlandais qui selon l’opérateur ont besoin de soins médicaux urgents, se trouvent toujours à bord. Des équipes médicales au Cap-Vert examinent les patients et prélèvent des échantillons supplémentaires, a indiqué l’OMS mardi.

– possible « transmission interhumaine » –

Les hantavirus se transmettent à l’être humain par l’intermédiaire de rongeurs sauvages infectés (souris, rats…) qui excrètent le virus par la salive, l’urine et les excréments. Une morsure, un contact avec ces rongeurs ou leurs déjections ainsi que l’inhalation de poussière contaminée peuvent provoquer une infection.

Le séquençage du virus est en cours en Afrique du Sud. L' »hypothèse de travail » de l’OMS est celle du virus des Andes, le seul hantavirus connu pour lequel une transmission interhumaine limitée entre contacts a été documentée.

A ce stade, l’OMS suppose qu’un ou des premiers cas « ont été infectés en dehors du navire » par le virus et qu’il y a eu ensuite « une transmission interhumaine ».

Selon l’OMS, l’épisode présente un risque « faible » pour le reste du monde.

– Qui est à bord ? –

Il y a à bord du navire 147 personnes – 88 passagers et 59 membres d’équipage – de 23 nationalités, a indiqué l’OMS mardi.

Parmi les passagers, les plus nombreux sont les Britanniques (19), les Américains (17) et les Espagnols (13), selon l’opérateur. Il y a également, entre autres, cinq Français.

Au sein de l’équipage, les nationalités les plus représentées sont les Philippins (38) et les Ukrainiens (5).

Les passagers sont confinés dans leurs cabines. Le navire attendait mardi un éventuel feu vert de l’Espagne pour faire escale aux Îles Canaries.

– L’expédition –

Selon l’OMS, l’expédition a quitté Ushuaïa le 1er avril pour une traversée de l’Atlantique Sud, avec plusieurs escales dans des régions reculées, notamment dans l’Antarctique.

Il s’est rendu dans les îles Géorgie du Sud et Sandwich du Sud (5 au 7 avril), puis dans les îles Tristan da Cunha, Inaccessible et Nightingale (13 au 16 avril), selon les données de suivi maritime de MarineTraffic. Il a fait le tour de l’île Gough le 17 avril, avant de rejoindre l’île Sainte-Hélène le 22 avril, jusqu’au 24 avril.

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