« Si nous imposons ou recommandons la quarantaine, c’est parce que les personnes sont contagieuses dès le tout début de la maladie », a déclaré Olivier le Polain, chef d’unité EAR (Épidémiologie et analyse pour la riposte) de l’OMS lors d’un point en direct sur plusieurs plateformes de réseaux sociaux.
« C’est donc au cours des premiers jours, voire dès les premiers instants de la maladie, que la contagiosité est la plus forte », a-t-il insisté.
« En raison de cette période d’incubation, nous pouvons nous attendre à voir de nouveaux cas apparaître dans les prochains jours, voire la semaine prochaine, et c’est pourquoi nous devons rester vigilants et veiller à ce que, dès l’apparition des premiers signes et symptômes, les personnes concernées soient identifiées, isolées et prises en charge », a-t-il ajouté.
La crise à bord du MV Hondius, qui doit repartir lundi soir pour les Pays-Bas, a suscité l’inquiétude, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid, même si l’OMS assure que la situation n’est pas comparable à 2020.
A ce stade, trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont décédées après une infection à ce virus connu mais rare contre lequel il n’existe aucun vaccin ni traitement.
Depuis que les recherches de cas contact et les opérations de rapatriement des passagers ont débuté, chaque pays a mis en place un protocole sanitaire pour les cas suspects, le plus souvent en suivant les consignes de l’OMS qui recommande une quarantaine de 42 jours.
Plusieurs pays, dont l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Suisse ou la Grèce, ont opté pour une quarantaine de 45 jours, alors que l’Australie et la France ont annoncé des périodes d’observation minimum de respectivement trois et deux semaines, pouvant ensuite être prolongées.
En revanche, aux États-Unis, un haut responsable a affirmé que les passagers américains évacués ne seront pas nécessairement placés en quarantaine, ce qui « peut présenter des risques » selon le patron de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Un navire « est un milieu où les gens vivent ensemble dans un espace assez confiné (…) C’est un navire très luxueux, mais les gens y vivent néanmoins dans un espace artificiel assez confiné, ce qui favorise la transmission », a relevé M. le Polain.
« C’est pourquoi nous observons probablement une propagation plus importante que ce que nous verrions dans d’autres circonstances », a-t-il averti.




