Helen Clark, ex-Première ministre de Nouvelle-Zélande, et Ellen Johnson Sirleaf, ex-présidente du Liberia, dirigent le groupe d’experts indépendants pour la préparation et la réponse aux pandémies, mandaté en 2020 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et ses Etats membres pour évaluer la réponse internationale au Covid-19.
Dans un communiqué, elles estiment qu' »il doit y avoir un examen de la chaîne d’événements et de communication ayant précédé le 2 mai, afin d’identifier les lacunes et vulnérabilités du système et d’y remédier », sans toutefois pointer directement de responsabilités.
Elles soulignent ainsi que « du 11 avril, jour du premier décès, au 2 mai, une série d’événements a entraîné l’aggravation de l’épidémie d’hantavirus ».
« Des risques pesaient sur les passagers à bord, sur les personnes en contact avec eux sur des îles reculées, puis, après le débarquement du 24 avril à Sainte-Hélène, sur ceux qui les ont côtoyés à terre, dans les airs et dans leurs destinations suivantes », ajoutent-elles.
« Un examen devrait déterminer si une approche plus prudente aurait pu être adoptée conformément aux lignes directrices du Manuel de l’OMS de gestion des évènements de santé publique à bord de navires », expliquent les deux expertes.
Destiné au personnel de santé portuaire, aux professionnels de santé publique, médicaux, environnementaux et réglementaires, ainsi qu’aux acteurs du secteur maritime, ce manuel définit les rôles et responsabilités des autorités portuaires, des opérateurs de navires et des autres parties prenantes.
Son objectif est d’aider à détecter, évaluer et répondre aux maladies infectieuses et autres urgences sanitaires.
Le MV Hondius, qui reliait Ushuaïa, en Argentine, à l’archipel du Cap-Vert, est au coeur de l’attention internationale depuis le week-end dernier lorsque l’OMS a été informée de trois décès et que la cause suspectée était l’hantavirus.
« Samedi dernier (2 mai NDLR), le Royaume-Uni a signalé à l’OMS, conformément au Règlement sanitaire international, un groupe de passagers atteints d’un syndrome respiratoire grave à bord d’un navire de croisière battant pavillon néerlandais, le MV Hondius », avait détaillé la semaine dernière le chef de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Les expertes indépendantes saluent par ailleurs « la réponse internationale » apportée à la crise de l’hantavirus « à partir du 2 mai », en particulier « le rôle de premier plan » joué par l’OMS.
« Nous saluons ses communications régulières à l’intention du public, ses mises à jour publiées, ainsi que les mesures prises par ses plus hauts responsables », détaillent-elles.




