Le Concordia s’apprête à quitter l’île du Giglio pour son dernier voyage

Le navire de 114.500 tonnes, redressé en septembre au cours d’une opération sans précédent de rotation de sa coque, y sera détruit. Cette dernière page de la longue et tragique histoire du Concordia coûtera 100 millions d’euros et générera des dizaines d’emplois dans le port génois.

Les autorités italiennes ont donné dimanche leur accord définitif sur le déclenchement de l’opération Samedi déjà « l’Observatoire sur l’environnement », de l’avis duquel dépendait le lancement de l’opération, avait samedi son feu vert.

Dès lors, « si les conditions de mer et la météo le permettent, les opérations de renflouement du navire débuteront comme prévu lundi matin », a déclaré samedi le patron de Costa croisières, Michael Thamm.

Menée par l’armateur italien et effectuée par le consortium américano-italien Titan-Micoperi, l’opération de sauvetage organisée dès le naufrage du navire en janvier 2012 a un coût total de quelque 1,1 milliard d’euros. Outre le redressement du paquebot, elle prévoit son renflouement sur un ou deux jours, puis quatre à cinq jours de stabilisation avant son départ du Giglio. Celui-ci devrait intervenir le 21 juillet, a confirmé Costa samedi.

« La phase la plus critique, ce sera le premier jour, quand nous allons renflouer le bateau pour la première fois. Une opération de ce type, sur un navire transportant des passagers aussi imposant, n’a jamais été réalisée auparavant », explique à l’AFP le Sud-Africain Nick Sloane, chargé du projet depuis ses débuts.

A la tête d’une équipe d’experts, M. Sloane, pour qui le sauvetage du Concordia restera « son plus grand défi » en vingt ans de carrière, supervisera les différentes étapes de l’opération à partir d’une salle de contrôle.

La dernière traversée de la Méditerranée du géant des mers – longue de 280 km – durera ensuite quatre jours environ, pour se terminer à Gênes vers le 25 juillet. L’épave devrait passer à 25 km de la Corse, près d’Elbe, et à 10 km de l’île italienne de Capraia.

– Le scénario du pire : que le navire se brise –

Le transfert ne se fera que si certaines conditions météorologiques sont réunies : pas de vents supérieurs à 15 noeuds (environ 30 km/h) et pas de vagues plus hautes que deux mètres.

Plus de 300 ingénieurs, techniciens, plongeurs travaillant sur le navire ont terminé d’attacher sur ses flancs 30 caissons géants remplis d’eau qui seront vidés pour le faire remonter de -30 mètres à -18 mètres.

« Le pire des scénarios serait que le bateau se brise ou coule pendant le renflouement », dit à l’AFP Giorgia Monti, de l’association écologiste Greenpeace, qui a prévu d’envoyer une équipe d’observateurs pour surveiller l’opération sur l’île, l’une des réserves marines les plus importantes d’Europe.

Il ne faut pas oublier, a ajouté Mme Monti, qu’il s’agissait d’une « cité flottante, équipée pour accueillir des milliers de passagers, avec des litres de liquides polluants, d’huiles, de détergents et autres produits chimiques toujours sur place ».

Une vidéo de l’intérieur du paquebot – qui faisait deux fois la taille du Titanic – et diffusée dernièrement par la police italienne montrait des canapés qui pourrissaient, un écran de télévision géant, un vase de fleurs en plastique resté sur son socle…

Le Concordia a fait naufrage le 13 janvier 2012 après avoir violemment heurté un rocher devant le Giglio, entraînant la mort de 32 personnes et faisant des dizaines de blessés sur les plus de 4.200 occupants de 70 nationalités, qui se trouvaient à son bord.

Le corps d’un serveur indien, Russel Rebello, qui n’a toujours pas été retrouvé malgré d’intenses recherches, pourrait d’ailleurs être repêché à l’occasion du renflouement.

Alors que d’autres membres de l’équipage ont négocié des peines à l’amiable, le commandant du paquebot Francesco Schettino est le seul à être jugé à Grosseto (centre) pour homicides par imprudence, naufrage et abandon de navire.

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